I. Lettre à saint Exupère
ils maintiennent Texercice de la magistrature laïque contre les clercs, toutes les fois qu'il s'agit de crimes qui emportent la perte de la vie ou de la fortune. Ils n'abandonnent jamais les droits de l'Empire, ils règlent l'ordre des juridictions ecclésiastiques. Ils pénètrent encore dans le domaine spirituel en défendant de rebaptiser *. Ils font plus. Nous avons vu Constantin présider les conciles ou en déléguer la présidence à un évéque de son choix. Honorius la délègue à un laïque pour mettre un terme à la division des Églises d'Afrique, et aux violences des Donatistes qui se moquent de ses édits et des prédications de saint Augustin. L'empereur ordonne une conférence publique dans la ville de Carthage. Il y convoque les évoques donatistes et les orthodoxes; et il nomme pour présider ce concile le tribun Flavius Marcellinus, pieux ami de l'évêque d'Hippone et de saint Jérôme. Cinq cent trente-cinq évéques obéissent à ce rescrit impérial, et acceptent le président que l'empereur leur a imposé. Les deux partis arrivent presque en nombre égal : deux cent soixante-neuf Donatistes sous la conduite de Janvier des Cases-Noires, deux cent soixantesix catholiques sous la direction apparente d'Aurélius de Carthage, mais en réalité sous celle d'Augustin qui a provoqué cette réunion, Félix, évoque donatîste de Rome, n'est admis que sous la réserve des droits du pape absent, qu'on ne dislingue pas des autres, car cette réserve est également faite pour tous ceux qui sont dans le même cas. Chacun des deux partis choisit sept orateurs et leur
i. Ëdit du 12 février 405.
remet ses intérêts et ses pouvoirs. La conférence s*ouvre le 1*' juin 411 . Marcellinus, assisté de vingt assesseurs laïques choisis parmi les officiers de la province d* Afrique, préside à ces débats, prononce enfin la condamnation des Donatistes, et l'empereur la ratifie par un édit du 30 janvier 412 ^ Ainsi la puissance impériale était encore juge des discussions théologiques et prononçait en dernier ressort comme arbitre suprême de la discipline et de la foi, sans contestation d'aucun membre de l'Église.
Les nombreuses lettres d'Innocent V n'en contiennent aucune, et jamais pape n'en a tant écrit. Il semble qu'il veuille lutter de fécondité avec Synésius, saint Augustin et saint Jérôme. Il se montre fort jaloux, dans ces lettres, des acquisitions de son siège, il saisit toutes les occasions de les faire valoir, de les transformer en prérogatives, sans prendre toutefois le ton de hauteur qu'avaient afiecté les Jules et les Damase. Peut-être croit-il tenir tout ce qu'on leur contestait, et cependant il ne fait rien de plus que ce qu'on a fait avant lui. Il redonne même le nom de frère à tous les évêques; et s'il prend le ton d'un supérieur à l'égard des Occidentaux qui le consultent, s'il trace des règles de discipline à Yictricius de Rouen, à saint Ëxupère de Toulouse, à Décentius d'Ëugube, s'il ordonne que ses décrétâtes soient transmises aux autres évêques pour qu'ils aient à s'y conformer, il ne fait qu'imiter tous les métropoUtains. Ce n'était pas un droit spécial et rigoureux, car saint Augustin le faisait dans le même temps; et si les décisions de Tévêque