‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 89 sur 268 · I. EjnsL XXm · texte numérisé non relu

I. EjnsL XXm

Le concile d'Éphèse fut ouvert le 8 août 449 par le patriarche Dioscore, à qui l'empereur d'Orient en avait conféré la présidence, et les légats du pape n'y prirent que la seconde place comme avaient fait ceux de Célestin dans le précédent concile. II y vint cent trente évêques, tous de l'Orient. Théodose n'y avait appelé de l'Occident que celui de Rome; et son «hsence y fut sans doute mal interprétée, car le légat Jules de Pouzzoles se hûta de l'excuser sur ce que les Papes romains n'avaient encore assisté à aucun concile tenu hors de leur capitale. Deux laïques y siégèrent par ordre de l'empereur, sans doute avec la mission secrète de soutenir la cause d'Eutychès contre Flavieii et ses adhérents, que Théodose n'avait voulu admettre que comme parties ou plutôt comme accusés. Le comte Elpidius ne manqua point de le leur signifier, quand, après avoir entendu la plainte d'Eutychès qui avait pris le rôle d'accusateur, Flavien voulut faire appeler l'évéque de Dorylée. t Tout est » changé, dit le comte, ce sont les juges de Constanti- » nople qu'on juge à Éphèse; et nous n'avons que faire » de votre Eusèhe. » Le légat Hilaire vit de suite que l'autorité de Rome allait être méconnue, et demanda qu'il fût au moins et avant tout donné lecture des lettres du pape Léon. Ea^ychès s'y opposa, disant que les légats de Rome lui étaient suspects en ce qu'ils logeaient et mangeaient chez Flavien; et la lecture des lettres du pape fut ajournée. On en lut cependant une de saint Cyrille qui soutenait la même doctrine que saint Léon; mais qui, aux yeux des Orientaux, avait l'avantage d'être souscrite par un des leurs, et les acclamations de l'auditoire

accueillirentcette lettre d'un patriarchequin'existaitplus. On en vint enfin aux actes du synode de Constantinople, mais à peine y eût-on lu le nom d'Eusèbe qui avait provoqué la convocation du concile, que les deux tiers des Pères se mirent à s'écrier : « Rayez Eusèbe, qu'il soit » brûlé vif, qu'il soit coupé en deux, qu'on le divise » comme il a divisé TÉglise. Anathèmc à qui soutient les • deux natures après riiioarnation. ? C'était crier anathème à saint Cyrille, à Léon lui-même, qui, dans sa lettre à Flavien, en soutenait deux en une seule personne suivant la doctrine de Nicée. Et ceptMidant ce fut en vertu de ce concile, de son Symbole mal interprété, qu'Eutyches fut absous et sa doctrine approuvée. Le patriarche Flavien, l'évéquc Euscbe do Dorylée furent dégradés de toute dignité sacerdotale. Les évéques des environs de Constantinople se jetèrent vainement aux genoux de Dioscore pour le supplier de ne pas prononcer cette sentence. Le furieux Dioscore fit entrer les soldats du comte Elpidius, força les récalcitrants à souscrire cette double condamnation. Les moines qui avait suivi à Ephèse leur archimandrite Eutychès se ruèrent sur Flavien et sur ses amis ; et l'Iiistorien Zonare afiirme comme Evagre que Dioscore soulîleta et foula aux pieds son collègue de Constantinople qui mourut trois jours après de ses blessures *. Les léf^^ats du pape ne furent pas mieux traités, ils furent dispersés par c^t effroyable tumulte, qui fut justement qualifié de briynndacje dKphhe^ et le diacre llilaire eut grand peine à regagner les côtes d'Italie.

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