‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 95 sur 268 · SiinpUc, Epist.t p · texte numérisé non relu

SiinpUc, Epist.t p

moine eutychéen avait été banni de TÉglise d'Alexandrie qu'il avait usurpée par la fraude et la violence. Mais à ravénement de BasiJisque, il s'était échappé de la Chersonèse, et avait couru à Constantinople pour circonvenir cet empereur de ses intrigues. Il y avait rencontré Pierre le Foulon qu'une réaction catholique avait chassé du siège d'Antioche; et Basilisque s'était fait l'instrument de leurs vengeances. Cet Eutychéen couronné adressa une circulaire à tous les évêques de son empire pour leur ordonner de brûler tous les actes de Chalcédoine et la lettre de saint Léon, de frapper sa mémoire d'analhème, de déposer les évêques qui persisteraient à obéir aux canons de ce concile. A la honte de l'Église d'Orient, cinq cents évêques souscrivirent à cette circulaire du plus vicieux, du plus indigne des empereurs; et la plupart d'entre eux avaient siégé dans ce concile dont ils avaient la lâcheté de renier les décrets.

Acace, nouveau patriarche de Constantinople, fut à peu près le seul qui osa résister à l'usurpateur du trône de Zenon ; et il s'empressa de solliciter l'appui de l'évêque de Rome. Simplicius écrivit le 10 janvier 476 à Basilisque pour l'exhorter à ne pas abandonner ainsi les traditions des empereurs Léon et Marcien, à réprimer l'audace des hérétiques, à faire respecter les canons de Chalcédoine et la foi du pape saint Léon. Il répondit en même temps au patriarche Acace pour l'encourager dans sa résistance, et croyant lui donner plus de force et d'autorité, il lui conféra le titre de son légat ^. Basilisque

i. Simplic, EpUU V.

céda, mais ce ne fut point à l'évéque de Rome, c'est à la peur de Zenon qui revenait sur Constantinople à la tête d'une armée. Pour fléchir Acace, qui soulevait le peuple en faveur de l'Isaurien, il rétracta sa ârculaire, il condanma les hérétiques dont il avait protégé les violences, il fit reconnaître et recopier les actes de Ghalcédoine; et le patriarche Acace ne manqua point d'y maintenir le canon que repoussait le pontife qui l'avait nommé son légat. La révolution fut complète, Zenon reprit sa couronne et Acace triompha de ses ennemis. Le pape Simplicius informé de cet événement les félicita l'un et Vautre, et provoqua la déposition, le châtiment de Timothée Élure, de Pierre le Foulon, de tous ceux qui avaient pris part à ces désordres. Les historiens du saintsiége,et Fleury après eux, n'ont pas manqué de dire que Tempereur Zenon exécuta ce qu'avait désiré le pape ^ Ce serait un triomphe assez triste pour le saint-siége. Zenon n'avait pas besoin d'être excité par lui à châtier ces hérétiques. Il avait dans Acace un conseiller aussi impatient de se venger que Simplicius pouvait l'être. Il fit tout ce que voulait son patriarche; et Ton vit encore une fois les mêmes évoques rétracter leurs signatures et revenir à la doctrine que Basilisque leur avait fait renier. L'ambitieux Acace, délivré de ses ennemis, reprit tout le caractère d'un métropolitain d'Orient. Il avait invoqué, flatté le saint-siége, comme un auxiliaire utile à ses intérêts. Dès que Rome leur devint contraire, il se joua de ses prescriptions et de ses défenses. Pendant l'usurpa-

Page 1