Fleury, Uv. XLVIII. ch. xli; Hy. XLIX, ch. v
Il ne montra pas plus de fermeté contre le Breton Nominoé qui bouleversait la juridiction de la métropole de Tours. Ce Nominoé s'était révolté contre Charles le Chauve, et s'était fait roi de Bretagne par la force de son épée. Il avait ordonné à quatre évêques de consacrer son usurpation, et ces évêques s'y étant refusés, il les avait accusés de simonie. Il ne les calomniait pas; et Connoyon, abbé de Redon, se rendit à Rome par son ordre pour solliciter leur déposition. Léon IV blâma la simonie, mais il répondit que l'affaire ne le regardait point, et il la renvoya au métropolitain de Tours comme au chef spirituel des évêques bretons. C'était parfaitement conforme aux règles canoniques ; il agissait dans cette nouvelle affaire comme il avait agi dans la première, et il est fâcheux que ses successeurs n'aient pas persisté dans cette réserve. Le métropolitain de Tours ayant approuvé le refus qu'avaient fait ses suffragants de sacrer l'usurpateur, Nominoé fit casser les quatre évêques par un synode de prêtres, d'abbés et de seigneurs, créa trois évêchés nouveaux, afi'ranchit tous les sièges bretons de la juridiction métropolitaine de Tours, érigea le siège de Dol en métropole * ; et Léon IV ne soutint ni les protestations de l'archevêque, ni les droits de Charles le Chauve, ni les prérogatives du saint-siége.
Il fit voir la même indifférence pour les convertisseurs du Danemark et de la Suède ; il ne prenait à cœur que les affaires de sa province d'Italie ; et encore ne faisait-il rien sans l'approbation de l'empereur Louis, tils de