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Pendant leur séjour à Bénévent^ i^ avAi^nt dressé un violent n^^nîfesle, dont Tabbé Fleury a adouci les^ expressions que Lesueur a peut être exagérées. Mais il y a' asseï^ de violence dans le texte que donnent les Annales de Saint'Bertin^ pour que Baronius y ait trouvé la • griffe
> de Satan et le plus puant des venins qu*ait vomi Tor- » gueil. des hommes ^ i
c Écoute, sire pape Nicolas, disent les deux archevê* » ques, tu nous as condamnés par ta seule volonté et
> fureur tyrannique; mais ta sentence maudite, étran- » gère à toute bénignité, à toute charité fraternelle, » n'est point acceptée par nous. Nous te rejetons avec » tous nos frères comme un avorton maudit. Nous ne » voulons plus te recevoir dans notre communion; et » puisque tu as dit anathème à ceux qui n'observent pas » les préceptes apostoliques, tu t'es séquestré toi-mêmç » de toute communion avec l'Église, en t' élevant au- » dessus d'elle, et dont tu te rends indigne par l'enflure » de ton orgueil 2. i Gonthier remit ce manifeste à son frère Hilduin, qui alla le présenter au pape; et Nicolas ne voulant pas même y toucher, Hilduin courut le déposer sur le tombeau de saint Pierre, accompagné d'une troupe de soldats qui dispersèrent à coups d'épée les gardiens qui avaient voulu lui disputer l'entrée de la basilique. Une copie de ce manifeste devança les deux archevêques dans le royaume do Lothaire; mais Theutgaud n'en soutint pas la violence. Il se considéra comme
i. Baronius, Ànn. Eccles., an. 865.