‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 41 sur 105 · Annaîet. Bertini, an · texte numérisé non relu

Annaîet. Bertini, an

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pèce de concile par V^i^P^reur Micbel et par Basile le Macédonien qui venait d'être associé à l'empirç. Le pape Nicolas y fut accusé de toutes sortes de crimes, excommunié, déposé, déclaré incapable de toute fonction sacerdotale *. Pour opposer une autorité temporelle à celle de Rome, le concile reconnut le roi Louis comme empereur d'Italie, donna à sa femme Ingelberge les noms d'Augusta, de nouvelle Pulchérie, les priant en même temps de chasser Tévêque de Rome et de lui signifier sa déposition. Une lettre synodale, adressée par Photius à tous les Orientaux, traite les Latins d'impies, de sacrilèges, de démons sortis des ténèbres de l'Occident pour altérer la pureté de la foi. Que manquait-il à ces violences, à ces prétentions pour équivaloir à celles de Rome? la sanction de la force. Mais le châtiment de ces folies vint du concile même qui les avait autorisécg. Le César Basile, menacé de mort par Michel le Bègue, le fit tuer par ses propres gardes, pendant qu'il était ivre, le 24 septembre 866, et il voulut rendre grâces à Dieu du succès de son parricide. Mais il trouva Photius sur la porte de Sainte-Sophie, il fut repoussé par ce patriarche comme assassin de son bienfaiteur; et celui qui s'était élevé si haut par le crime et la perfidie, fut puni du seul acte de vertu qu'il eût fait pendant sa vie. Basile se vengea par l'exil du patriarche et par le rappel de son prédécesseur. Les évêques d'Orient repassèrent de Photius à Ignace comme ils avaient passé d'Ignace à Photius, et un message de l'empereur Basile partit immédiatement pour Rome.

i. Nicolas, p. im-yConeiles, t. VUl, p. 1388.

Le pape Nicolas n*eut pas le bonheur de connaître ce singulier triomphe de TËglise romaine. J'aime à croire qu'il eût repoussé Thommage d'un prince qui avait fait du cadavre de son maître le premier degré de son trône ; mais il était mort le 13 novembre 867 et il avait légué cette grande affaire à son successeur Adrien II. Celui-ci était fils d'un évoque nommé Talare. Il était marié luimême, et avait une fille de sa femme Stéphanie. C'était la troisième fois que le peuple le désignait pour pape, et il fallut l'arracher de l'église de Sainte-Marie-Majeure pour le porter au palais de Latran. On l'aurait même consacré le même jour, si les oflSciers qui gouvernaient dans Rome au nom de l'empereur Louis, n'avaient forcé tout ce peuple d'attendre les ordres du souverain. Ce fut trois ou quatre mois après son avènement qu'il reçut les lettres de Basile le Macédonien à Nicolas et qu'il apprit le rétablissement du patriarche Ignace. Celui-ci, dans l'excès de sa joie, oubliait toutes les prétentions de son siège, il reconnaissait la primauté de celui de Rome; il invoquait son autorité pour réparer les maux de l'Église, et, justement flatté de cet hommage, le nouveau pape se hâta de le féliciter. Il compara au roi Salomon un empereur dont le règne devait, à la vérité, mériter cet éloge, mais qui n'était connu encore que par le meurtre d'un César et d'un patrice. Il convoqua un concile pour donner plus d'éclat à l'humiliation des Grecs et plus d'autorité à ses décisions. Deux envoyés de Constantinople lui apportèrent deux volumes richement reliés en or et en argent, qu'on avait saisis dans les bagages de Photius et qui renfermaient tous les actes de son propre concile

ainsi que ranathème qu'il avait lancé contre le pape Nicolas. Le métropolitain Jean de Sylée, en Pamphilie, jeta ces livres à terre en disant : a Vous avez été maudits » à Constantinople, soyez encore maudits à Rome. » Le spataire Basile Pinecas les foula sous ses pieds, les perça de son épée en s'écriant qu'ils étaient l'œuvre du diable. Ces deux envoyés traitèrent de conciliabule l'assemblée dont ces livres contenaient les impiétés. Ils allèrent jusqu'à renier la signature que l'empereur y avait apposée. Ils alléguèrent que Michel le Bègue l'avait contrefaite. Ils le chargèrent seul de toutes les iniquités dont Basile avait été le complice *.

Un pape plus adroit ou plus prudent qu'Adrien II se serait contenté de cette éclatante réparation. Mais le digne successeur de Nicolas I" voulut pousser plus loin le triomphe de son siège. Il ne lui suffisait pas qu'on reniât, qu'on annulât l'excommunication d'un pontife romain, il fallait qu'on se repentit d'avoir eu l'audace de la prononcer. « Le pape, disait Adrien, juge tous les » évêques et n'est jugé par personne; si Honorius l'a été, » c'est qu'on l'avait d'abord convaincu d'hérésie. » Il ne voyait point dans son orgueil que c'était un jugement et que cette espèce d'exception détruisait le principe. Il casse enfin le prétendu concile de Gonstantinople. Il jette aux flammes les livres de Photius. II renouvelle l'anathème dont les Orientaux eux-mêmes ont frappé le persécuteur d'Ignace. Il excommunie tous ceux de ces évêques qui ne rentreront pas dans la communion romaine,

i. Conciles t. VIIJ, p. 1087.

il décharge l'empereur Basile de tous les torts qu'on lui a prêtés, et le reçoit au nombre des Césars catholiques. Trois de ses légats suivent les envoyés de Constantinople et reçoivent les plus éclatants hommages. Des officiers de Tempereur vont les attendre à Thessalonique, d'autres les reçoivent à Selymbrie. Quarante chevaux de l'écurie impériale les transportent eux et leur suite. Le clergé, le peuple,, la cour même les saluent aux portes de la capitale. Le triomphe est complet. L'empereur Basile les reçoit dans la salle dorée. Il se lève à leur approche, prend les J^ttres du pape d'une main respectueuse et les baise ainsi que les légats qui l'ont apportée, t L'Église » de Rome est notre mère, dit-il, et tout l'Orient atten- » dait son jugement. Rétablissez ici la paix et la con- » corde. — Telle est notre mission, répondent les envoyés » d'Adrien, mais nous n'admettrons personne à cette » paix, qu'il n'ait signé une déclaration dont nous avons » pris la formule dans les archives du saint-siége. »

La méfiance de l'empereur se réveille. Il veut savoir quelle est cette formule. On la lui montre et il l'accepte. Un nouveau concile est assemblé à Constantinople, le 5 octobre 869. Mais on a dit à tort que les légats l'avaient présidé *. Ils y siègent comme toujours avant le patriarche; et pendant les cinq premières séances aucun évéque ne se place au-dessus d'eux. Mais c'est le patrice Bahanes qui le préside, et dès la sixième session l'empereur vient le présider lui-même. C'est le patrice qui a vérifié tous les pouvoirs, même ceux des légats, et qui en

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