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a proclamé la validité. C'est lui qui, eu présence de César, iaterroge d'abord les uns et les autres. Pientôt les interrogations sont faites par les Romains, par les officiers impériaux, par les sénateurs qui font partie du concile, par tous ceux qui doutent, qui veulent connaître les faits et leurs circonstances; mais c'est B^ihanes qui domine toujours ce long interrogatoire, qui faH introduire les accusés et les témoins que le concile veut entendre. On interroge ainsi lesévéques qui ont condamné Ignace, les faux témoins qui l'ont accusé, tous ceux qui, à divers titres, ont servi à l'usurpation de Ph^ius. Mais pourquoi toutes ces formalités et cette instruction nouvelle, dès que le pape a prononcé? Son jugement n'est donc pas sans appel, puisque ses légats souffrent ce nouvel examen et qu'ils y prennent part? ce devait être une inconvenance aux yeux de Rome, une insulte à son autorité suprême. De qui vient-elle? Est-ce de l'empereur ou de ses évêques? n'importe, les faits parlent et il n'est pas possible de les nier.
Photius est appelé à son tour; mais on a beau l'interroger, il garde un profond silence, il montre un mépris insultant à ceux qui prétendent le juger. Pressé par tous, par César lui-même, il répond enfin que Dieu l'entend sans qu'il parle. L'anathème est encore une fois prononcé contre lui et àes adhérents. On casse les ordinations qu'il a faites. On défend de conférer l'épiscopat à un laïque. L'empereur souffre même qu'on interdise l'institution d'un évêque par la seule autorité du prince et l'intervention des laïques dans l'élection des évêques, h moins qu'ils n'y soient appelés par l'Église. On défend
aux puissances séculières de déposer les pairiarche^s, de rien faire contre Thonneur qui leur est dû. On décrète qu à Tavenir les évéques n'aviliront plus leur dignité en allant au-devant des gouverneurs des provinces, en se prosternant devant eux. On rejette avec horreur, le prince présent, ceux qui prétendent qu'on ne peut tenir de concile qu'en présence du prince. On rappelle les impiétés de Michel le Bègue, on les condamne, on impose une pénitence publique aux complices de ces saturnales. On reconnaît la main des légats de Rome dans la plupart de ces canons qui élèvent le sacerdoce au niveau de Fempire, qui enlèvent aux princes de la terre les prérogatives dont ils ont toujours joui; et Basile les souscrit sans hésiter, sans faire des réserves dans l'intérêt de sa dignité impériale. Il n'a paru occupé que d'une idée : c'est d'assurer l'union et la paix de l'Église. Il le dit et redit dans le concile et hors du concile. Il embrasse en larmoyant tous les clercs qui viennent à résipiscence, qui désertent la cause de Pholius.
Les légats étaient satisfaits, mais avaient-ils tant rai son de l'être? Si le pape s'était borné à casser le synode de Photius, s'il avait renvoyé les parties devant les évéques de la province de Gonstantinople, c'eût été conforme aux lois de l'Église ; mais il avait tout jugé, il avait prononcé sur tout, et il permettait qu'on revisât son jugement! Il faut que les historiens de l'Église aient ajouté ou retranché quelque chose dans leurs récits. Quel était d'ailleurs ce concile byzantin, ou plutôt cette assemblée de sénateurs et d'officiers de l'empire qui souffraient ainsi qu'on les exclût à l'avenir de ces
réunions ? On n*y voit d'abord que dix-huit évêqujBS. Les patriarches d'Alexandrie, de Jérusalem, d'Antioche s'y font représenter par des légats, sous prétexte que les Musulmans régnent dans leurs provinces. Après quatre mois de durée, on parvient à réunir cent deux évêques; tandis que celui de Photius contre Ignace en a compté trois cent dix-huit. Photius devait connaître les sentiments des deux cent seize prélats qui s'étaient abstenus. Son attitude en était la preuve. C'était celle d'un audacieux intrigant qui se riait de sa condamnation, et qui conservait Tespoir d'une réhabilitation prochaine. Ceux de ses partisans qui s'étaient rendus au concile avaient bravé ses ennemis avec une insolence remarquable. Deux d'entre eux s'étaient même opposés à la lecture du formulaire de Rome. Un autre avait proclamé que les conciles étaient au dessus de l'évêque romain et de tous les patriarches. Il citait des hérétiques justifiés par Rome et que l'Église n'avait jamais absous. Il concluait que Photius reconnu par un concile, n'avait pas pu être rejeté par un pape. Un troisième avait excommunié en face des légats ceux qui avaient dit anathème à Photius. D'autres avaient déclaré qu'ils étaient fatigués de signer tant de décisions contradictoires et qu'ils ne voulaient plus en souscrire. Les préventions contre Rome se manifestaient dans tous les discours. Les sénateurs montraient une contenance équivoque. Ils paraissaient obéir à regret aux injonctions de leur maître. Le légat de Jérusalem affectait de donner le titre de patriarche universel à l'évêque de Constantinople. L'empereur luimême confondait celui de Rome avec les autres patriar-
ches d& rÉgllse et leur attribuait à tous la même infaillibilité. Toutes ces manifestations hostiles sont constatées par les procès verbaux que Tabbé Fleury a soigneusement copiés*.
Dès le lendemain même de ce concile, une conférence provoquée par les affaires de la Bulgarie avait rompu raccord qui venait d'être signé. Le roi Bogoris-Michel, fatigué du dissentiment des deux Eglises qui se disputaient la juridiction spirituelle de ses États, avait demandé à cette assemblée quel était le siège auquel ses sujets devaient se soumettre. L'empereur avait, en conséquence, réuni les trois légats du pape, ceux des trois patriarches de TOrient et le patriarche Ignace. Les Romains avaient montré dans cette conférence un orgueil insupportable. Ils pouvaient soutenir sans doute que le territoire actuellement occupé par les Bulgares était compris dans cette lUyrie qui avait toujours été soumise à la juridiction de l'évêque de Rome, et que par conséquent les Bulgares devaient obéir à l'autorité de TÉglise romaine. Mais la dispute s'était échauffée au point de faire éclater tout l'orgueil du saint- siège. Ses envoyés en étaient venus à soutenir que le pape ne reconnaissait pas ses inférieurs pour juges, qu'il avait le droit de juger toute l'Ëgltse; qu'il en déciderait seul à leur retour et qu'en définitive il mépriserait leurs avis s'ils lui étaient contraires. Cette impertinence qui infirmait en quelque sorte les actes du concile auquel ils venaient d'assister, qui en condamnait même la convocation, excita d'assez violents murmures. Les Orientaux répondirent que tout