Ch. VI
de plus important dans cette cérémonie? quels sont les serments qu'on y prête? Le roi ou Tempereur jure de protéger TÉglise; le pape jure fidélité à Tempereur. Protége-t-on son supérieur? Est-ce à un inférieur qu'on fait serment de fidélité? qu*on se rapporte à la parole de Jésus-Christ. Parle-t-il d'un César créé par lui? non, il le prend là où il est et comme il est. Tournez et retournez la parole divine, vous n*y trouverez pas un sens qui justifie les prétentions des ultramontains. Leur seul titre est la lâcheté des rois qui les ont tolérées; et l'histoire ecclésiastique sera bientôt remplie de ces funestes exemples.
Mais, une ^nnée après cette concession, au mois d'avril 965, elle est respectée par le clergé de Rome. A la mort de Léon VIII, ils envoient deux députés à Othon pour le prier de choisir un pape ; et il leur en laisse la liberté à la condition d'en user en présence de deux évêques qu'il nomme pour ses commissaires*. Jean, évêque de Narni, est unanimement élu et prend le nom de Jean XIII. Son repos ne fut pas de longue durée. Les Romains eurent encore une velléité d'indépendance. Us se révoltèrent contre l'empereur, et ne pouvant entraîner le pape dans leur rébellion, ils le bannirent de Rome. Cette offense fut bientôt punie. Othon revint, et sa clémence était justement lassée ; il fit pendre douze des principaux rebelles. Il y eut des atrocités mêlées à cet acte de justice. Les ossements du comte Rofrède, chef de la conjuration, furent déterrés par son ordre et