Lambert de Schaffembourg, an. i
contrarier, car les légats de Grégoire le fatiguaient de leurs remontrances et de leurs intrigues. Vainqueur des Saxons et des Bavarois, il soutint ouvertement ceux de ses conseillers que le pape avait frappés de ses foudres ; et Grégoire en vint à le citer lui-même à son tribunal, l'accusant de n'avoir pas rempli ses promesses, de protéger les simoniaques et les concubinaires, de garder des ministres condamnés par le saint-siége,^et le menaçant de ses anathèmes s'il n'obéissait à cette étrange sommation. Le roi. brave ces menaces, chasse les envoyés de Rome, et rassemble un concile àWorms, où les prélats, les abbés et les seigneurs d'Allemagne se rendent en foule. L'archevêque de Ravenne, Guibert, y arrive accompagné de plusieurs évêques de Lombardie et du cardinal Hugues Le Blanc, récemment excommunié pour ses débauches. Celui-ci apporte une histoire du pape fabriquée par le cardinal Bennon, où étaient accumulés tous les crimes imaginables, et cette assemblée, présidée par l'empereur lui-même, prononce la déposition d'Hildebrand comme usurpateur, apostat, criminel de lèse-majesté, préférant les adultères et les paillardises aux chastes mariages \ L'étrange décret de ce concile, dont je n'oserais citer toutes les expressions, est communiqué aux évêques de Lombardie et de la marche d'Ancône, qui jurent tous sur l'Évangile de no plus reconnaître Grégoire VII pour pape. Henri tV écrit en même temps au peuple de Rome, au pontife lui-même et lui enjoint de quitter le saint-siége. Un clerc, Roland de Parme, a le courage de lui remettre