‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 71 sur 105 · Epist. V · texte numérisé non relu

Epist. V

venant aux paroles de saint Paul sur le mariage, ajoutant qu'il était cruel de vouloir les forcer à vivre comme des anges, et qu'ils renonceraient plutôt à ta prêtrise qu^à leurs femmes *.

La naïveté de ces étranges Justifications prouve que les colères de Grégoire Vil n'étalent pas sans fondement; et s*il s'était borné à réprimer ces désordres au lieu d'y chercher un prétexte pour humilier les puissances de la terre, l'histoire le compterait au nombre des plus illustres réformateurs de l'Église. La juste sévérité de ses reproches lui attira plus que des outrages de la part des évêques d'Italie et d'Allemagne. Une vaste conspiration fut ourdie par l'archevêque deRavenne, Guîbert, ancien chancelier de l'empereur Henri III, qui aspirait à la papauté. Il se lia secrètement avec Cenclus, préfet de Home, factieux de profession, qui avait déjà soutenu l'antipape Cadaloûs contre Alexandre II, et que Grégoire VII venait de comprendre dans l'immensité de ses anathèmes. Pendant que le pape célébrait la messe de minuit, le 2S décembre iÛ7S, dans Sainte-Marie-Majeure, une populace effrénée ramassée par Cencius, fondit sur l'église, arracha le pontife de l'autel, le traina jusque dans le Vatican, et l'aurait assassiné peut-être si le peuple n'eût pris les armes et ne Teût arraché des mains des séditieux. Grégoire retourna sur-le-champ à l'église et acheva tranquillement sa messe, pendant que les conjurés s'enfuyaient par les chemins de Ravenne.

Henri IV était prévenu de ce complot, et l'issue dut le

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