Pierre Diacre, Chron. de Monkaisin, ch. lxxiii
et aux évéques d'Allemagne qu'il suivrait en tout les traces de Grégoire VII; mais sa modération démentit cette jactance, et il fut plus doux et plus grand que celui qu'il voulait imiter. Il débuta cependant par un acte d'énergie pontificale en signifiant au roi Alphonse de Léon e\ de Castille qu'il eût à remettre dans son siëge de Saint-Jacques de Compostelle, l'évéque Don Diègue que ce roi en avait chassé. Ce ne fut point la seule affaire qui attira ses regards vers l'Espagne» L'invasion des Sarrasins avait jeté une grande perturbation dans les diocèses, et à mesure que les rois catholiques les refou* laient vers le midi, les Églises se relevaient d'elles-mêmes et réclamaient leurs anciennes juridictions. Urbain II ne fit pas droit à toutes ces réclamations. Il érigea la ville capitale de Tolède en primatie, rétablit la métropole de Tarragone, malgré l'opposition de l'archevêque de Narbonne qui lui avait enlevé ses suffragants, et obtint enfin la substitution du rit latin au rit mosarabique, par l'opiniâtreté de son légat Rainier, et par celle du roi Alphonse ^ Le champion de ce monarque avait été cependant vaincu par celui du clergé toledan^ dans deux épreuves par le duel et par le feu ; mais il appela de ce jugement de Dieu à sa propre volonté et força le clergé et le peuplera chanter la messe en latin. Ce roi fut moins docile aux ordres du saint-siége dans l'affaire de Saint-Jacques, et le pape ne put jamais le contraindre à rétablir l'évéque qu'il en avait expulsé.
L'Italie et l'Allemagne étaient encore moins soumises.