‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 84 sur 105 · Léon d'Oslie · texte numérisé non relu

Léon d'Oslie

les rois, de refuser désormais des marquisats, des comtés, des domaines qui justifiaient les investitures laïques. Il y a dans ces lettres des aveux qu'il est important de recueillir. En permettant au nouvel empereur, à son cher fils Henri V, d'user pendant sa vie du privilège qu'il lui a cédé, il avoue que ce privilège appartenait manifestement à Gharlemagne, à Othon le Grand, à tous ses prédécesseurs^. Mais il écrivait en même temps à l'archevêque de Vienne, son légat en France, qu'il condamnait, qu'il annulait tout ce qu'il avait acordé pendant sa prison, et qu'il se conformait en tout aux canons des apôtres et des conciles, aux décisions d'Urbain II et de Grégoire VII *. Son légat assemble des conciles à Vienne, à Beauvais pour confirmer les actes de celui de Latran, et il annonce au pape qu'il les a convoqués par ses ordres. Yves de Chartres, le plus célèbre casuiste du temps, écrit que le suprême pontife avait dû prévenir la ruine de son peuple. Il rappelle les trois reniements de saint B^rre, réparés par sa confession. Il soutient que ces chutes sont nécessaires pour rappeler aux hommes leur faiblesse, et les empêcher de retomber; il ne voit pas d'hérésie dans rinvestiture, et conseille au pape de ne point provoquer un schisme par des anathèmes, qu'il dit être condamnés par saint Augustin. Geoffroy, abbé de Vendôme, rejette tous ces ménagements. Il n'admet pas la ruine du peuple de Jésus-Christ ; il soutient au contraire que l'investiture est une hérésie, que l'anathème était juste, et que si le pape

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