‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 14 sur 112 · Cod, Car., JBpwi. XXXVI · texte numérisé non relu

Cod, Car., JBpwi. XXXVI

Copronymc et ses successeurs se regardèrent longtemps encore comme les maîtres légitimes de l'Occident. Mais il est heureux que ce tyran n'y pût exercer qu'une puissance imaginaire. Il continuait le cours de ses persécutions. Il punissait partout les adorateurs des images, que le pape ne pouvait sauver ni défendre. Paul lui écrivait, lui envoyait des légats pour le prier d'épargner ces malheureux et de revenir à la foi de l'Église romaine. Cet indigne César scmoquait de ses remontrances ; et l'on peut se rendre compte du nombre de ses victimes, puisqu'une seule prison de Constantinople renfermait trois cent quarante-deux moines mutilés ou aveuglés par les ordres de ce monstre... Le pontificat de Paul dura dix ans, sans qu'on puisse en rien déduire pour ou contre son autorité souveraine. Il mourut le 21 juin 767; et de sanglants désordres profanèrent ses obsèques. Un certain Constantin, frère de Toton duc de Néri, lui fut substitué, quoique laïque, par la violence d'une faction. Toton entra dans Rome avec une armée, fit proclamer son frère et força l'évéque Georges de Préneste de le tonsurer, de l'ordonner et de le sacrer. Il écrivit immédiatement au roi Pépin et non à Tempereur de Constantinople. Mais Pépin ne fit aucun cas des lettres de cet intrus, et pendant ce temps, une nouvelle faction, appuyée par le roi des Lombards, s'empara de Rome et fit élire, le 29 juillet 768, un prêtre du nom de Philippe qui s'empara immédiatement du palais de Latran. Les chefs mêmes de cette faction nouvelle furent mécontents de ce dernier choix. Ils renvoyèrent ce Philippe à son monastère de Saint-Vit, et, rassemblant le clergé, le sénat et le peuple, ils firent

procéder à une élection régulière. Les suffrages se réunirent sur un prêtre sicilien nommé Eugène qui fut le quatrième de ce nom. Toton fut massacré, on creva les yeux à un autre de ses frères, on fit subir à Constantin des tortures inouïes; et Sergius, un des chefs de la faction triomphante, alla rendre compte de cette élection au roi de France.

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