‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 18 sur 112 · Bossaet, Discours sur CUisL univ., an · texte numérisé non relu

Bossaet, Discours sur CUisL univ., an

villes qu'on lui aurait rendues. Étaient-elles des enclaves du royaume d'Italie que Gharlemagne gouvernait en maître? Le pape se bornait-il à en toucher les revenus? L'histoire ne nous a transmis aucun acte de sa souveraineté, tandis que ceux du roi sont cités à profusion. Adrien eut pendant ce temps le bonheur d'apprendre que, le 14 septembre 775, Constantin Gopronyme avait terminé son exécrable règne de trente-quatre ans ; mais il espéra vainement que Léon Charare, son fils et son successeur, abandonnerait la secte des Iconoclastes. Après quelques apparences d'orthodoxie, le nouvel empereur reprit les allures de son père. Deux images, trouvées •dans le lit de sa femme Irène, servirent de prétexte à de nouvelles barbaries; mais sa mort y mit un terme en 780, et Constantin Porphyrogenèle prit la place de son père sous la régence de cette même Irène, dont l'avènement donna au pape l'espoir de rétablir en Orient le culte des images. Il n'eut pas le temps de s'en occuper. Des révoltes éclataient de toutes parts autour de lui. Pendant que les Saxons, les Bavarois et les Bretons occupaient toutes les armées de son puissant protecteur, les ducs lombards essayaient de reconquérir leur indépendance. Rotgand, duc deFrioul, et Hildebrand, duc de Spolette, s'étaient proclamés souverains* L'archevêque Léon de Ravenne avait suivi leur exemple. Il avait levé une armée, et s'était emparé du duché de Ferrare, des principales villes de l'Emilie, alléguant de son côté une donation particulière de Charlemagne *.

1, Cod, Car., EpUt. LI, LU, LIV.

Ce roi revint du fond de la Saxe, battit le duc de Frioul, lui fit trancher la tête, et nomma un comte français pour gourverner sa province. Hildebrand n'attendit pas le vainqueur, il se soumit et se fit pardonner sa rébellion. La mort de Tarchevêque deRavenne termina la sienne, et Charlemagne reparut à Rome pour faire sacrer ses deux fils. Il sentit que son royaume d'Italie avait besoin de la présence perpétuelle d'un monarque; et ce n'est point au pape qu'il décerna cette royauté. C'est à son fils aîné Pépin qu'il la conféra sans rien perdre de son autorité suprême. Son second fils Louis fut fait en même temps et aux mêmes conditions roi d'Aquitaine. Le pape, comme l'Italie, y gagna quatre ans de tranquillité; et une autre consolation lui vint de l'Orient. Les remords d'un patriarche agonisant et les conseils de son successeur Taraise avaient décidé l'impératrice Irène à convoquer un concile pour terminer la querelle des images. Elle en avertit Adrien et le pria d'y assister par lui-même ou d'y envoyer des légats. Des messages pareils avaient été adressés en même temps aux patriarches de Jérusalem et d'Alexandrie. La réponse de l'évêque de Rome fut d'abord assez humble pour un successeur d'Agapet et du pape Constantin*. Use prosterne aux genoux du jeune empereur comme s'il était présent; il le supplie de rendre aux images le culte qu'ordonne l'Église romaine. Mais il demande qu'on lui rende ses patrimoines de Grèce et d'Orient, ainsi que la consécration des évêques qu'il prétend lui avoir été enlevée par Copronyme, et qu'en

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