‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 19 sur 112 · Conciles, t. VU, p · texte numérisé non relu

Conciles, t. VU, p

réalité il n*a jamais exercée. Il invoque Texemple de Charlemagne qui lui a rendu les villes et châteaux volés par les Lombards au patrimoine de saint Pierre ; et les partisans de la donation devraient se déclarer condamnés par ces paroles de celui-là même à qui elle aurait été faite ; et c'est en eflfet ainsi qu'on doit entendre cet acte de la munificence impériale. Adrien s'étonne enfin que Taraise ait encore pris le titre de patriarche universel qui lui donnerait la primauté sur l'Église de Rome, et le revendique pour lui-même. Tout cela prouve que chacune des deux Églises maintenait toutes ses prétentions, et que les Grecs persistaient à ne pas reconnaître la supériorité des Latins. Adrien passa néanmoins sur ces détails, et fit partir des légats pour Gonstantinople, reconnaissant ainsi le droit de convocation dont avaient usé l'empereur et sa mère.

Une sédition d'Iconoclastes, qu'Irène eut quelque peine à réprimer, l'engagea à choisir la ville de Nicée pour cette réunion d'évêques; et c'est là que, le 24 septembre 787, fut ouvert ce concile qui fut le septième des œcuméniques. Les légats de Rome y furent nommés avant le patriarche de Gonstantinople qui semblait çibandonner ainsi son titre d'universel. C'est lui cependant qui exposa l'objet de cette assemblée, mais en lisant la lettre du pape il eut soin d'oublier les passages relatifs à ce titre et au patrimoine de l'Église romaine*. Taraise craignait, dit-on, que les reproches du pape n'eussent blessé et dispersé les Orientaux, et les légats n'en réclamèrent point la -

i. Conciles, t. VII, p. 422 etsuiv.

lecture. Le concile qu'avait tenu Copronyme fut cassé sans la moindre opposition; et tous les évéques iconoclastes vinrent l'un après l'autre abjurer leurs doctrines, suivant Tusage constant de ces perpétuels imitateurs de la croyance impériale. Le culte des images fut rétabli, mais pas tout à fait comme l'entendait l'évêque de Rome. On décida qu'elles seraient honorées en mémoire et pour l'amour des personnages qu'elles représentaient. On donna à cet hommage le nom de culte relatif, d'adoration ou salutation honoraire, qu'on opposait, suivant les expressions de l'évêque de Meaux*, au culte suprême, à l'adoration de latrie, laquelle était réservée à Dieu seul par le concile; et le pape se contenta de cette décision, qui n'était au fond qu'une explication de sa propre doctrine. Mais les évêques de la Gaule ne pensèrent pas comme le chef de leur Église et n'adoptèrent point la formule du concile. Leurs relations avec le saintsiége s'étaient relâchées à tel point qu'ils connaissaient à peine sa véritable opinion sur les images. Ils se bornaient à les considérer comme de simples ornements, et ne permettaient pas qu'on les adorât. Les termes équivoques de culte relatif, d'adoration honoraire offusquaient leur intelligence. L'approbation du pape leur fit croire qu'il avait accepté l'opinion des Grecs, ou leur révéla peut-être qu'il avait ordonné ce culte dont ils ne voulaient point. Une protestation fut en conséquence dressée par eux, consentie par Gharlemagne au nom et par l'autorité duquel elle fut publiée 2. Les évêques

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