‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 25 sur 112 · Capit, d^interrogations, p · texte numérisé non relu

Capit, d^interrogations, p

bonnaire ne justifiera que trop ce pressentiment. Les cinq conciles d'Arles, de Reims, de Mayence, de Châlons et de Tours essayent en vain d'arrêter ces scandales et beaucoup d'autres par des règlements qui ne sont pas exécutés et qu'on sera longtemps obligé de renouveler. Je n'en parle que pour répéter qu'ils furent assemblés par la seule autorité de Gharlemagne, et que tous les canons en furent soumis à son approbation suivant l'ordre qu'il en avait donné *.

Nous devons préciser à notre tour quelle était à la mort de ce grand homme la situation de la papauté. Sa puissance temporelle était nulle, son autorité spirituelle fort amoindrie, ou ramenée si l'on veut aux conditions que Constantin lui avait faites et que Grégoire le Grand avait respectées. Elle était reconnue en droit, mais négligée souvent par les Papes eux-mêmes et plus souvent enfreinte par les évêques. On voit l'évêque de Rome plus occupé de se soustraire à la domination des Césars d'Orient, qu'à combattre la rivalité de ses patriarches. En transmettant l'Empire au roi des Français, il n'a fait en définitive que changer de maître. On ne sait au juste ni ce qu'on lui a donné de territoire, ni comment il en a joui. Les quatre villes que j'ai ,si souvent mentionnées ont été désignées de deux manières; et elles sont tellement dispersées dans l'Ombrie, dans le Ferrarais, dans la marche d'Ancône, dans l'exarchat de Ravenne qu'il est impossible d'en faire une principauté quelconque, et de leur donner un souverain unique. Ce

i. Fleufy, liv. XLVI, ch. ii.

beau présent, comme dit Bossuet, ne peut comprendre que les revenus de ces villes, car les provinces où elles sont situées sont, pendant le même temps, soumises à des maîtres divers.

Les derniers jours du pape Léon III furent troublés par une conspiration nouvelle, mais elle fut déjouée par sa prudence; et les conspirateurs furent envoyés au supplice. Louis le Débonnaire apprit avec quelque étonnement cet acte de justice. Il chargea son neveu Bernard, nouveau roi dltalie, d'aller à Rome pour s'en informer; et le pape fut obligé de s'en justifier. Il envoya même un évêque et un duc au nouvel empereur pour lui expliquer la nature et le châtiment de cette conspiration*, et donna une preuve de plus contre son autorité temporelle. Il termina enfin son pontificat de vingt années, le 12 juin 816 ; et le premier acte de son successeur Etienne V, fut de faire prêter serment à l'empereur Louis par le peuple et par le clergé de Rome. C'est la seconde fois que se renouvelle cette cérémonie; et il est probable que les choses se passaient ainsi pendant la domination des Césars d'Orient. C'est donc seulement comme père spirituel des Romains que le pape était encore considéré; et c'est à ce titre que Louis voulut honorer Etienne V quand ce pontife vint le voir à Reims. Mais il ne fléchit pas les genoux devant lui comme l'ont écrit les historiens de l'Église. L'anonyme connu sous le nom de l'Astronome, et qui pouvait être présent à cette entrevue, dit seulement que le roi reçut avec vénération le vicaire

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