‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 24 sur 112 · ConeUeSfX,y\l,p · texte numérisé non relu

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opposée à tant de décisions hautaines de ses prédécesseurs, atteste que ce pape ne prétendait pas à la domination tyrannique des consciences; et l'orgueil excessif, que certains historiens lui reprochent, serait démenti par cette modération, s'il n'avait substitué le baisement de ses pieds à celui de ses mains dans les hommages que lui rendaient les fidèles < . Il en est même qui ont vu dans ce changement une preuve de sa souveraineté temporelle. J'ai montré ce qu'était cette souveraineté.

Constantinople était revenue d'elle-même aux croyances de l'Église romaine, sans qu'il eût provoqué ce retour qui ne fut d'ailleurs que momentané. L'empereur Nicéphore avait été pris et décapité dans une bataille contre les Bulgares. Son fils Staurace avait été déposé et rasé en 813 par son gendre Michel Guropalate; et ce Michel, se trouvant par hasard orthodoxe, avait permis à son patriarche de Constantinople de correspondre avec l'évéque de Rome. Q'était cependant un étrange catholique. Il faisait couper la tête aux Manichéens que Staurace avait protégés. Mais cela n'a point empêché les écrivains ecclésiastiques de célébrer sa libéralité, sa douceur, sa magnificence ; et c'est précisément de ce massacre d'hérétiques que le loue son contemporain Théophane, par la singulière raison qu'il leur était impossible de se repentir 2. Ce Michel, battu la m^me année par les Bulgares, fut déposé, rasé à son tour et remplacé par Léon l'Arménien, l'un de ses généraux, qui fit des eunuques

i. Desmarets, Tab, des Papeg, p. 57, i, Théo|)., p. 439,

- codes deux fils de son maitre. Ce cinquième Léon rompit encore une fois avec Rome en protégeant ouvertement les Iconoclastes et en chassant et persécutant les évoques qui persistaient à adorer les images.

C'est pendant cette persécution que mourut Charlemagne, le 28 janvier 814. Son testament renfermait une clause qu'il est diflScile de concilier avec la donation qu'on lui attribue, puisqu'il nomme sa ville de Rome au nombre des vingt et une métropoles de son empire dans la distribution qu'il leur fait des deux tiers de ses meubles. Cologne et Mayence y sont mentionnées au même titre avec Milan et Ravenne. Un Mémoire, daté de 814 comme ce testament, nous donne une triste idée de la situation de rÉglise de France. Les évêques et les comtes se disputaient leurs biens et leurs vassaux. Ils étaient sans cesse divisés d'intérêts. Les évêques et les abbés s'immisçaient dans toutes les affaires domestiques. Ils accroissaient leurs domaines par tous les. moyens possibles, promettant le paradis ou menaçant de l'enfer, opérant des confiscations à l'aide de faux témoignages, dépouillantenfin les familles à leur profit. Gharlemagne demande si c'est ainsi qu'ils entendent quitter le monde' et si cette cupidité est conforme aux commandements de Jésus- Christ < . Le pieux monarque s*y plaint encore de personnes viles qui remplissaient les monastères, dont les abbés, disait-il, préféraient le nombre à la qualité. Ce Mémoire semblait prévoir les désordres qui devaient s'en suivre sous un roi faible, et le règne de Louis le Dé-

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