‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 28 sur 112 · Fleury, liv. XLVI, ch. xxvi · texte numérisé non relu

Fleury, liv. XLVI, ch. xxvi

qu'il eût tout récemment couronné dansFéglise de Saint- Pierre le jeune Lothaire, roi dltalie, que son père venait d'associer à l'empire. C'est ainsi qu'il aurait fait décapiter le primicier Théodore et le nomenclateur Léon, comme trop dévoués à la France *. Le bruit en vint à l'empereur, et avant même que les légats du pape vinssent l'excuser de cet attentat, Louis fit partir deux commissaires pour informer contre ce prétendu souverain de Rome. Pascal et d'autres évêques s'en expliquèrent comme sujets de l'empire. Ils se purgèrent par serment du meurtre qu'on leur imputait^ le rejetèrent sur des inconnus que Pascal ne voulut point nommer, et Louis parut se contenter de ces faibles excuses par une suite de cette bonté qui causa plus tard de- grands malheurs, mais qui ne détruisit pas les soupçons des ennemis du pontife. Louis le Débonnaire suivait ainsi les traditions de son père. Il s'occupait de la réforme des monastères, en leur donnant des règles qu'il ne soumettait pas à l'approbation de Rome, en veillant à la réparation des églises, au payement des dîmes, à la consécration des évêques, dont l'élection était toujours laissée au peuple et au clergé des diocèses. Le pape semblait ne s'occuper que de l'étemelle querelle des images. Il faisait d'inutiles remontrances à l'empereur Léon l'Arménien qui ne cessait d'en persécuter les adorateurs. La mort violente, de ce César suspendit cette persécution, et l'indifférence de Michel II dit le Bègue laissa d'abord une. entière liberté à toutes les opinions. Mais il reprit bientôt les

i. L'Astronome, an. 823.

sanguinaires allures d'un féroce iconoclaste^ et Pa^al, reconnaissant son impuissance, abandonna les catholiques d'Orient aux caprices de la tyrannie.

A la mort de Pascal II et à ravénemeni d'Eugène II en 824, se réveillèrent les soupçons de Fcmipereur Louis sur la fidélité des Romains, liotbaire M rendit en Italie par ordre de son père^ Il se plaignit du meurtre des amis de la France, du mépris qu'on faisait de ceux qu'on ne tuail pas^ de la partialité criminelle des prêtres et des magistrats de Home ^é Aucune satisfaction ne lui fut donnée sur les deux premières plaintes, mais £ginhard et l'Astronome racontent que l'examen du dénier grief révéla une infinité d'abus et d'extorsion^; Après avoir reçu le serment des Romains et du pape^ Lotbaire fit justice de tous ces abus. Les biens et l'argent extorqués par les juges furent rendus à leurs propriétaires. Le pape lui-même fut condamné à rendre au monastère de Farse dans la Sabine les terres que lui avaleilt enlevées ses prédécesseurs. Lotbaire régla enfin ptkt une constitution l'administration de la justice, Télection d€^ souverain-pontifes^ leur juridiction Éiit lès diics et les jnges^ les comptes qu'ils avaient à tendre tous les uns au pape et ensuite à l'empereur. Le pape jr semblé être sans cesse associé à l'autorité impéHalle^ mlftis c'est elle qui domine aeulé dans une clause mentionnée pai^ l' As^ Ironome et négligée par l'abbé Fleury, en vertu de laquelle l'emperedr se réservait le droit d'envoyer des commissaires pont rendre la justice aux Romains ^ Un

i. L'Astronome, an. 824.

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