Ann. Bertinif&ïï
I obligé de corriger les méchants et de punir lescrimi- > nels, doive envoyer à Rome un coupable condamné I selon les règles. Vous nous obligez de vous répondre .1 que nous autres rois de France, nés de race royale » n'avons point passé jusqu'à présent pour les lieutenants » des évêques, mais pour les seigneurs de la terre. » Feuilletez les livres de vos prédécesseurs, vous n'y trou- » verez pas de lettre pareille. Ne nous envoyez donc j plus de commandements et de menaces d'excommuni- » cation contraires à l'Écriture. Épargnez-nous enfin de » semblables messages si vous voulez que nous vous » rendions le respect qui vous convient *. » Voilà le langage que les rois auraient dû toujours tenir. Mais dans la longue lutte du sacerdoce contre l'empire la victoire passait toujours du côté de l'audace, et c'est par là que les Papes ont fini par l'emporter sur les rois. Ce temps n'était pas encore venu. La force était cette fois du côté de l'empire. Le maladroit imitateur de Nicolas P' fut contraint de fléchir. Il répondit qu'il n'avait voulu juger Hincmar que suivant les canons. Il excusa la «dureté de ses lettres, il loua la libéralité, la justice du roi, la protection qu'il accordait aux églises et aux monastères, il l'assura enfin que, si Dieu disposait de l'empereur Louis, il ne voudrait plus que lui pour chef, pour patrice, pour roi, pour empereur, pour défenseur de l'Église 2, Il fut enfin aussi humble qu'il s'était montré hautain quand il avait cru trouver un