‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 54 sur 112 · Hincmar, Epis(. XII · texte numérisé non relu

Hincmar, Epis(. XII

» verrons s'il est entré dans la bergerie par la porte. Mais » qu'il apprenne, s'il ne vient pas, que nous irons le » chercher quelque part qu'il soit, et nous le déposerons » comme usurpateur d'une Église, et nous excommunie- » rons avec lui tous ceux qui voudront le soutenir. » Ainsi ce n'est pas en vertu de leur naissance que les fils de Louis le Bègue sont montés sur le trône. C'est par le choix des évêques; et l'excommunication d'Odacre suit de près cette insolente réplique; et le roi de France ne peut le soutenir sur son siège. Hincmar triomphe de la royauté. Il met en action la maxime du pape Gélase, il donne aux successeurs de Jean VIII des exemples dont ils n'abuseront que trop ; et les rois, dépouillés de leur autorité, abandonnés par les peuples à la domination sacerdotale, seront pendant des siècles à la merci du premier téméraire qui occupera le saint-siége.

Ce ne sera point Martin II qui reprendra le gouvernement de l'Église de France. C'est encore le vieil Hincmar qui trace des règles de conduite pour les évêques à l'égard des rois. Mais cet archevêque mourut le 21 décembre 882 en fuyant devant les Normands, et reconnut sans doute la vérité de ce qu'il avait écrit au pape Adrien II sur le besoin qu'avaient les évêques d'une puissance séculière qui pût les défendre. Martin II ne signala son pontificat de quatorze mois que par le renouvellement de l'excommunication de Photius, dont il avait reconnu la mauvaise foi, pendant que, sous le nom de Marin, il avait exercé la légation de Constantinople. Cette condamnation fut encore renouvelée par Adrien III qui prit la place de Martin le 1" mars 884; et

Bruys * suppose que, pour mieux témoigner la piaine !

qu'il portait à ce patriarche, ce pape autorisa enûn Fad- j

dition du filioqn^ au Symbole de Nicée. C'était plutôt pour ménager et ramener les évéques de la Gaule, mais il avait moins de ménagements pour les rois. Il ordonna qu'à l'avenir les Papes seraient intronisés sans attendre l'approbation d'un empereur qu'ils regardaient comme |

leur créature *. Il décréta en même temps qu'à la mort de Charles le Gros l'empereur ne serait plus choisi que parmi les seigneurs italiens. Ce décret fut fertile en dissensions et en désordres; ces seigneurs étaient nombreux et tous aspiraient à cette domination suprême qui n'était au fond qu'un titre sans valeur. Les plus mutins et les plus puissants étaient les petits ducs de Toscane dont la faction dominait déjà dans Rome au point d'avoir fait élire les deux derniers Papes. Charles le Gros protesta contre ce décret, et ne pouvant se rendre lui-même en Italie pour le faire révoquer, il y envoya une bande de Bavarois qui fit plus de mal au pape et aux Romains que les Sarrasins et les seigneurs. Adrien III mourut au milieu de ces désordres le 20 juillet 885; et il fallut employer la violence pour contraindre Etienne VI à prendre le fardeau de la papauté. La famine désolait la ville et les greniers étaient vides coriime le trésor de Saint-Pierre. Etienne VI pourvut à la nourriture du peuple aux dépens de son patrimoine qu'il sacrifia tout entier à ce noble usage. Il crut devoir encore une fois excommunier Pho-

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