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y rentre, à la faveur d'une noblesse inconstante que ses présents ont gagnée. Il met Tantipape Léon en fuite, et poussant la dérision jusqu'à se conformer aux règles dont il se joue, il assemble un concile composé des mêmes prélats qui l'ont condamné dans l'autre. Ils se dégradent presque tous en prononçant son absolution et l'excommunication de celui qu'ils avaient mis à sa place ^ Le barbare fait couper la main droite à un diacre, le nez et la langue à un officier de son rival, et n'arrête le cours de ses vengeances que lorsque Dieu le châtie par la main d'un mari qui le surprend dans las bras de sa femme.
Othon revient après sa mort, pour punir la trahison des Romains, qui ont abandonné son antipape. Ils ont même consacré un diacre, qui, suivant l'exemple de Jean XII, a changé son nom en celui de Benoit V; et tentent de résister à l'armée impériale. Mais la famine les force à capituler, à implorer la clémence du vainqueur, qui se montre digne du titre de Grand que l'Allemagne lui a déjà décerné. Léon VIII est rétabli sur son siège par ceux-là même qui venaient de le déposer. C'est pour la seconde fois qu'ils se démentent, qu'ils imitent les palinodies des Orientaux. Un archidiacre du nom de Benoît a même l'impudence de demander à Benoît V comment il avait eu l'audace d'accepter le pontificat ; et il était de ceux qui l'avaient nommé. Benoît V est forcé de se soumettre; il se jette aux pieds de Léon qui le dégrade et l'exile à Hambourg. Devenu pape légitime, Léon YIII ne
i. Sigebert, Ckronic,; Baronius.
sait comment témoigner sa reconnaissanoe à rem^tfôur. Il lui confère ainsi qu'à ses héritiers le droit de nommer les Papes, les archevêques et les évéques. Les auteurs de Y Histoire universelle se servent seuls du verbe nommer. L'abbé Fleury et Bruys disent : établir. L'un et l'autre révoltent Baronius, le Père Pagi, Murâtori et tous les ultramontains. Ils nient la concession. Mais il y a des témoignages plus rapprochés que les Fleury, lès Sigonius et les Saint-Marc. Le savant Gratien écrivait deux siècles après. Yves de Chartres était plus près encore; il parle de la concession, et comme il se prononce fortement contre elle, il faut croire qu'elle a existé. On peut ajouter le témoignage du moine Sigebert deGemblours. Bâronius le récuse. C'est ce moine, dit-il, qui l'a inventée pour soutenir les droits de l'empereur Henri IV contre Grégoire VII. Mais Luitprand^ enfin était contemporain d'Othon. Il est l'historien du temps et c'est un évêque. Le pape Léon VIII rappelait d'ailleurs qu'Adrien avait concédé le même droit à Pépin et à Charlemagne. D'autres souverains en ont usé. On ne pent nier que les trois Othon l'aient exercé pendant trente-six ans de règne. Ce précédent est gênant pour les partisans de l'omnipotence des évêques de Rome. Voilà un pape qui l'abdique en faveur de l'empire, qui anéantit la conséquence qu'on a voulu tirer du couronnement des souverains. Mais ce couronnement n'a pas une aussi grande portée; car il faudrait attribuer à l'archevêiiue de Reims le droit d'élire et de déposer les rois de France. Que se passe-^^il