Fleury, liv.LVI, ch. i
sanes; son commerce avec une concubine d'Albéric/son père; l'ordination dérisoire d'un diacre dans une écurie; révêché de Todi donné à un enfant de douze ans; la matilation d'un prêtre, le meurtre d'un autre; la célébration de la messe sans communion; une santé portée publique^ ment au diable ; l'invocation de Vénus et de Jupiter en jouant aux dés ^. Othon ne pouvait y croire... Il fait demander par l'historien Luitprand, évéque de Crémone, si les évêques présents confirment ces accusations. Tous se lèvent pour les attester. Il pousse l'indulgence jusqu à écrire à L'accusé pour savoir s'il les avoue; et Jean XII ne lui répondant que par des anathèmes, il fait prononcer sa déposition par le concile. Quel est le supérieur des deux? Baronius le sait bien; mais il ne veut pas que cela soit. Il se révolte contre un concile qui a osé déposer un pape et en nommer un autre dans la personne de Léon VIII. Les plus grands crimes à l'entendre ne peuvent justifier une pareille audace. Le pape, dit-il, ne peut être jugé que par Dieu, toute justice est foulée aux pieds par cette action téméraire ^. Laissons déclamer ce fanatique ultramontain et poursuivons. Othon P»" n'en a point fini avec Jean XII. A peine a-t-il renvoyé les trois quarts de son armée dans l'Ombrie, qu'il est forcé de repousser avec le reste les attaques d'Adalbert et d'un pape plus soldat que prêtre. La sanglante leçon qu'il leur donne est encore perdue. Othon croit en vain qu'il a assuré le repos de Rome. Des qu'il en est sorti, Jean XII