‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 83 sur 112 · I. Malmesbnry, p. SS6; Eadmer, p · texte numérisé non relu

I. Malmesbnry, p. SS6; Eadmer, p

patience d'Anselme était k bout, et que les foudres du saint-siége allaient tomber sur sa tête. Il craignit que cet anathème ne jetât tous ses évêques dans le parti de Robert, son frère, qui venait lui disputer sa couronne, et il céda tout à coup son droit de conférer l'épiscopat par l'investiture en se réservant Thommage des évêques pour leurs domaines temporels. Il déchargea les églises du cens que Guillaume le Roux leur avait imposé, et fit remplir les sièges vacants par l'élection. Le pape accepta cette transaction avec joie, et le sage Anselme fut remis en possession de son Église et de ses revenus. Mais les regrets de Itenri ne tardèrent point à se manifester. II se crut plus maltraité que le roi d'Allemagne, et se plaignit de la tolérance de Pascal envers ce prince.

La résistance de Henri le Germanique était en effet plus opiniâtre. Il méprisait les anathèmes, et la fidélité de ses partisans n'en était point ébranlée. L'abus qu'on avait fait de ces armes spirituelles en avait émoussé les coups. La vacance de l'évêché de Bamberg lui fournil une nouvelle occasion de braver le saint-siége. tl donna cette Église à son chapelain Othon, et l'investit immédiatement par ia crosse et l'anneau. L'archevêque 6ruhon de Trêves s'était soumis également à cette prérogative de la couronne, et cet outrage était d'autant plus humiliant pour le pape, que ces évêques acceptaient l'investiture des mains d'un prince excommunié. Ils en avaient rougi plus tard, et ils étaient venus à Rome pour recevoir celle de Pascal. Mais qu'importait â l'empereur? Il n'en avait pas moins triomphé du pontife, et la mort de son fils rebelle semblait assurei* son re^os. Mais Rome

sut lui trouver un rival plus dangereux encore dans sa propre famille. Son autre fils Henri, excité à la rébellion par les lettres du pape^, se couvrit du manteau de la religion pour s'emparer du gouvernement dé Tempire. Ce jeune prince joignait le cœiir d'un ingrat à la souplesse d'Un hyJ)oclrite. Il feignit de déplorer l'impiété de son père; il jurait de déposer les armes si son père voulait se soumettre à l'Église ; et c'est au nom de la paix publique, Me l'intérêt de l'État, que le fourbe allait les troubler l'un et Tàutre. Il séduisit le dufc de Bavière, les seigneurs de la Saxe, de la Franconie, du haut Palatinat; et quand l'empereur songea à le cothbattre, il se trouva sans défenseurs et sans arniée. Oottteht de Tavoir réduit à cette impuissance, lé rebelle li'OsiEi point provoquer sa déposition. Il implora son pardbli et attira son malheureux père dans un piège aboihiiiable. Û'artificë en artifice, il l'amena à la diète dé Mayente, où les évêques et les légats de Rome lui signifièrent, sous peine de la vie, de quitter le sceptre et le diadème. Quelques historiens parlent d'une protestation énergique de l'empereur, d'un appel à la conscience des prélatâ, d'une méiiacë des vëugeahi^es céleste^, b'àuttes disent que trois évêques eurent l'insolence de lili arracher les insignes dé la royauté, que son illdignë Bis, désapprouvant fcelté Violence, voulut obtenir une démission volontaire, et que Henri IV fut forcé dé se déclaret* Itlcapable de gouverner. D'autres affirment qu'il fit de lui-mêine cet hunlîliaiil aveu, et que les légats hésitèrent encore à lui donner une

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