‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 86 sur 112 · Ann. de Baron., lili · texte numérisé non relu

Ann. de Baron., lili

lion solennelle*. Pascal le voulait comme eux, mais son ennemi était tout-puissant dans la province romaine , et le contraignait à dissimuler. L'abbé de Montcassin fut victime de cette contrainte. L'évêque Léon d'Ostie, qui nous a transmis ces détails, alla le déposer de son abbaye au nom du pape et le relégua dans son évêché de Segni, pendant qu*à l'instigation secrète de Pascal les évêques arrivaient de tous les côtés pour tenir un concile. Us s'assemblèrent au nombre de cent dans le palais de Latran le 18 mars 1112. Le pape y raconta sa captivité, sa faiblesse ; mais il ajouta qu'il savait fait serment de ne point excommunier l'empereur et qu'il ne voulait point manquer à sa parole. Les évêques le comprirent. Cn des deux Français qui assistaient à ce concile, Girard d'Angoulême, proposa d'annuler le décret extorqué par le roi Henri V, et tous prononcèrent la nullité d'une concession, que réprouvaient, disaiènt-ils, les Écritures et les conciles.

Godefroy de Viterbe, auteur contemporain, assure que ne voulant point prendre part à ce qu'il regardait comme un parjure, Pascal voulut renoncer au pontificat; que considérant toutefois cette cession des investitures comme criminelle, il se déclara indigne de gouverner l'Église. Mais, selon cet historien, le concile rejeta cette démission et le contraignit à rester sur le saint-siége. Il en reprit alors toute Tautorité. Il souffrit qu'Henri V fût déclaré Tennemi de TÉglise comme son père; il enjoignit aux évêques d'abandonner les cours, de ne plus s'armer pour

i. Léon d'Osiic.

les rois, de refuser désormais des marquisats, des comtés, des domaines qui justifiaient les investitures laïques. Il y a dans ces lettres des aveux qu'il est important de recueillir. En permettant au nouvel empereur, à son cher fils Henri V, d'user pendant sa vie du privilège qu'il lui a cédé, il avoue que ce privilège appartenait manifestement à Charlemagne, à Othon le Grand, à tousses prédécesseurs*. Mais il écrivait en même temps à l'archevêque de Vienne, son légat en France, qu'il condamnait, qu'il annulait tout ce qu'il avait acordé pendant sa prison, et qu'il se conformait en tout aux canons des apôtres et des conciles, aux décisions d'Urbain II et de GrégoireVII *. Son légat assemble des conciles à Vienne, à Beauvais pour confirmer les actes de celui de Latran, et il annonce au pape qu'il les a convoqués par ses ordres. Yves de Chartres, le plus célèbre casuiste du temps, écrit que le suprême pontife avait dû prévenir la ruine de son peuple. Il rappelle les trois reniements de saint Pierre, réparés par sa confession. Il soutient que ces chutes sont nécessaires pour rappeler aux hommes leur faiblesse, et les empêcher de retomber ; il ne voit pas d'hérésie dans l'investiture, et conseille au pape de ne point provoquer un schisme par des anathèmes, qu'il dit être condamnés par saint Augustin. Geoff'roy, abbé de Vendôme, rejette tous ces ménagements. Il n'admet pas la ruine du peuple de Jésus-Christ ; il soutient au contraire que l'investiture est une hérésie, que Tanathème était juste, et que si le pape

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