‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 113 sur 150 · Ibid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. IV, p

permettre de Texaminer. Les cinq légats revinrent à Rome comblés d'égards et de flatteries, mais sans cet acte de soumission qu'ils étaient allés chercher.

L'empereur Anastase était cependant impatient d'en finir ; il fit partir pour Rome Théopompe, comte des Domestiques, et le conseiller d'État Sévérien. Mais le pape Hormisdas vit un manque de respect ou une inconvenance dans le choix de deux laïques pour une négociation qui regardait uniquement les intérêts de l'Église*, et l'abbé Fleury voit un artifice condamnable dans cette démarche d'un empereur, qui manifestait cependant le plus grand désir de terminer un schisme si fécond en révoltes et en scandales. Non content d'écrire au pape, il s'adressait au sénat romain pour le supplier de ramener Hormisdas à de plus doux sentiments. Il engageait en même temps le roi Théodoric à négocier cette réconciliation. Mais il parait que ce roi ne s'en mêla point, et le sénat, aussi servile pour le pape qu'il l'avait été envers les Césars, répondit aux deux envoyés de l'empereur, comme un écho du saint-siége : Condamnez Acace.

Hormisdas le fit redire pour la dixième fois à Anastase lui-même par une seconde légation qui n'eut pas plus de succès que la première. Mais ces ambassades n'avaient pas moins des résultats importants pour le siège de Rome. La précédente avait fourni aux évêques d'Illyrîe l'occasion de se séparer de leur métropolitain, qui les avait d'abord entraînés dans le schisme, et de revenir à la communion de Rome. La seconde amena des con-

i . Éptt. à Avitns, Conc, t. IV, p. 1432.

versions nouvelles et soutint les moines de Constantinople dans leur résistance à l'hérésie. Ceux de Syrie et leurs archimandrites, maltraités par les troupes impériales, écrivirent même à Hormisdas pour lui demander justice de ces violences, comme s'il était en son pouvoir de les secourir. Mais leurs doléances étaient rédigées en des termes qui flattaient son ambition. Ils le nommaient le chef de TËglise universelle, ils soutenaient qu il avait seul le pouvoir de lier et dèdélier.Leur requête était signée par plus de deux cents moines, et quand on pense que trois cent cinquante autres avaient péri sous le fer des soldats ^ on est émerveillé du nombre de ces religieux qui apportaient plus de trouble à TËtat et à TEglise qu'ils ne leur résidaient de services. Le pape recevait avec joie ces hommages de l'Orient. « Tout était » bien venu à Rome, dit le protestant Heydegger, l'un » des historiens du papisme, tout était bien reçu » pourvu qu'on favorisât le dessein de sa monarchie. » Mais la dernière réponse de l'empereur n'était pas si flatteuse. Il était fatigué de tant de négociations inutiles, de prier, disait-il, ceux qui rejetaient opiniâtrement ses prières. Il ajoutait qu'il lui était plus facile de souffrir les injures et les mépris que les commandements; et il renvoya dans leurs diocèses les deux cents évêques qui étaient en route pour Héraclée.

La mort vint encore au secours de l'évêque de Rome. Celle d'Anastase arriva la même 'année 518, la quatrevingt-huitième de son âge; et tout fut changé par la do-

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