‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 138 sur 150 · Ibid., Episi. VII · texte numérisé non relu

Ibid., Episi. VII

cette atteinte à leur indépendance spirituelle. Le concile annoncé ne fut point tenu. Le respect que Tempercur Maurice témoignait à saint Grégoire l'empêcha sans doute de lui causer ce déplaisir. Mais il faut se rappeler toute l'importance que le pape attachait à son triomphe, pour excuser, sinon pour justifier sa conduite è^ Tégard de Tinfâme assassin et successeur de Maurice.

Une révolution militaire, triste réminiscence des derniers temps de Rome, avait renversé cet empereur dont Tavarice et la superstition avaient terni les bonnes qualités. Le signal de la révolte était parti des provinces du Danube. Un centurion nommé Phocas, dont le visage affreux Tétait encore moins que son âme, conduisit une armée rebelle aux portes de Constantinople, et une des deux factions du cirque les lui ouyritle 23 novembre 602. Maurice, assailli au milieu d'une procession qu'il suivait pieds nus, n'avait ni le courage ni le pouvoir de se défendre. Il s*enfuit dans une barque avec sa femme et ses neuf enfants, et se réfugia dans une église de Chalcédoine, n'opposant à son malheur que la résignation et la prière. Phocas, reçu en empereur dans la capitale, les fit arracher de leur asile, et débuta par regorgement de Maurice et de cinq de ses fils. Sa femme et ses trois filles eurent plus tard le même sort; et le patriarche Cyriaque n'en prit d'autre souci que de s'informer si le misérable asss^ssin de la famille impériale était catholique. Certain de l'orthodoxie de ce monstre, le clergé de Constantinople profana l'huile sainte en la versant sur un front dégouttant de tous ces meurtre > *; et le pape

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