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sa part, il faut voir de quelle hauteur Cypri^n laisse tomber son mépris sur le misérable qu'on lui oppose, et par quelle dignité de langage il rappelle au possesseur du siège de Rome et les droits de l'épiscopat et les principes de leur institution. Cette cinquante-neuvième épître est un chef-d'œuvre de raison et de force, et montre à tous quel était alors le véritable chef de FÉglise catholique. « Il est établi, dît-il, entre nous tous et avec justice, que chaque coupable soit examiné au lieu même où il a commis le crime. Il ne faut pas que ceux qui nous sont soumis aillent courir ainsi pour mettre la désunion parmi les évêques, mais qu'ils plaident leur cause au lieu où sont les accusateurs et les témoins. La sentence a été prononcée par nous ; et il serait indigne de la gravité des évêques qu'on pût les accuser d'inconstance et de légèreté. » Nous aurons plus tard l'occasion de citer ces mémorables paroles de saint Cyprien , quand les évêques de Rome exigeront de leurs collègues ces appels au saint-siége qui leur ont donné tant de puissance.
Cyprien n'abandonna point, après la mort de Corneille, cette espèce de patronage apostolique, dont l'avaient investi 3on mérite et sa renommée. Il écrivit au nouvel évêque Luce pour le féliciter d'abord de son élection, ensuite de l'exil que lui avait imposé la persécution des empereurs Gallus et Volusien, enfin de son retour dans son Église. La même année 255^ à l'avènement d'Etienne, il se permet quelque chose de plus que des félicitations. Il lui trace des règles de conduite à l'égard de Martien, évêque d'Arles, qui avait adopté les
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erreurs de Navatlen, Il l'engiige à m pas liuiuifriF un pa^ reil 4pwd«ttot qui bl^ssfirfiit, dii^il, la mémoire de ses deia prédéçeaseurs, et h prendre soin de la gloire de ces martyrs S Hm le nouveau pape de Rome n'était pas i'na eari^ctère k souffrir longtemps oette position subalterne; et uae lutte ne tard» point à s'élever entre les deui^ sièges.
Deui^ évêques espagnols , Basilide de Léon , et Martial de Mérida avaient été déposés et remplacés par un syuode de U province. On les accusait de beaucoup de crimes, i^ polémique de ces temps n'était ni moins aoerbe ni plus scrupuleuse que la nôtre. Hais le seul grief qui eût motivé leur déposition , était d'avoir accepté pendant la persécution de Gallus, des billets qui constataient leur apostasie, bien qu'ils n'eussent ni renié leur foi, ni sacrifié aux idoles. Un grand nombre de chrétiens avaient ainsi trompé leurs bourreaux ou profité peut-être d'une tolérance cachée qui se contentait d'une apparence d'abjuration. Le nom de libellatiques leur avait été donné; et c'est à ce titre qu'avaient été condamnés en 253 Martial et Basilide. Us cherchèrent des appuis hors de leur province; et la rigidité des Orientaux leur étant connue, ils tournèrent leurs regards et ieui» pas v^s l'Église de Rome. Etienne n'examina rien, il ne vit qu'une occasion d'étendre l'autorité de son siège. Il accueillit les plaintes des deux Espagnols et les renvoya avec des lettres qui ordonnaient leur rétablissement. Félix et Jubin, que les évéques de la pro-