‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 150 sur 150 · Tome IV, p · texte numérisé non relu

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hérétique, et c'était alors moins pardonnable que les assassinats, les usurpations et les adultères. En signifiant à l'évêque de Ronoe son sanglant avènement, cet usurpa** teur s'était prononcé en faveur des Monothélites; et le pape s'était borné d'abord à ne pas lui répondre. Mais le peuple et le clergé de Rome étaient allés plus loin. Us avaient fait peindre les six conciles œcuméniques dans le portique de Saint-Pierre comme condanmant l'hérésie professée par l'empereur ; et celui-ci ayant commandé au préfet ou au préteur de Rome de faire effacer ces peintures, le sénat et le clergé avaient refusé de le reconnaître pour Gésar« Ils décrétèrent que son portrait ne serait plus exposé dans l'église, que son nom ne serait plus prononcé à la messe, qu'on ne le mettrait plus en tête des actes publics, et que la monnaie frappée à son coin ne serait plus reçue dans Rome. D'autres historiens donnent à Constantin l'initiative de ces nfiesures, et je suis de cet avis. Le peuple et le sénat étaient alors sans puissance et sans volonté; et dès que le clergé s'en était mêlé, il est impossible de ne pas tout attribuer à son évêque. Maiâ de quelque part que ces ordres soient venus, nous devons constater deux faits qu'ils attestent. C'est que, malgré la prétendue donation de l'empereur Constantin, Rome reconnaissait encore l'autorité impériale en mettant le nom des Césars en tête des actes publics et en faisant battre monnaie à leur coin. L'excommunication et la déposition n'en sont pas moins authentiques. Elles sont du fait du pape Constantin, et nul autre n'avait encore eu cette audace. Gelase, en distinguant les deux puissances, avait bien osé mettre le sacerdoce au-dessus de

l'empire. Augustin avait bien lancé un anathème indirect et conditionnel contre les rois de THeptarchie anglaise. Mais aucun se n'était arrogé le droit de déposer un souverain. Cette énormité, que Philippique Bardanes n'avait pas eu le temps de punir, tombait, il est vrai, sur un misérable. Mais l'exemple était donné; nous verrons les successeurs du pape Constantin abuser de ce {)rétendu privilège, en frappant des têtes plus dignes ; et ce trait d'audace sera accepté, comme une prérogative héritée de Jésus-Christ et de saint Pierre, par la stupidité des peuples et par la lâcheté des princes de la terre. Mais mille ans d'un exercice fatal à l'Europe n'ont pu le légitimer aux yeux de la raison; et celle de notre siècle se révolte à l'idée 'qu'un prêtre, qu'un apôtre de paix et de charité puisse provoquer les rébellions et livrer un peuple à toutes les horreurs des guerres civiles et religieuses. Constantin ouvrit encore une autre source de disputes sanglantes en inaugurant le culte des images. Ce fut le dernier acte de son pontificat. Il mourut dans les premiers jours d'avril en 715, et légua ainsi à Grégoire II et à ses successeurs une puissance désastreuse et au monde chrétien des siècles de désordres et de meurtres dont on ne peut décharger sa mémoire.

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