Opt., liv. I., p
santît sur eux sans dampter leur intraitable audace. Un autre Donat,plus factieux encore que celui des Cases- Noires, était venu les animer d'une ardeur nouvelle. C'était un diacre, qu'à la mort de Majorin, ils avaient porté au siège de Garthage. Mais je n'écris point l'histoire des schismes. Je n'y prends que ce qui peut contribuer à jeter quelque lumière sur les conquêtes de la cour de Rome; et j'abandonne les Donatistes, que je retrouverai plus tard, pour passer à un perturbateur plus fatal en-
core à l'unité de l'Église et au repos de Constantin.
Arius parut en 318, deux ans après la condamnation de Donat par l'empereur. C'était un prêtre lybien, que la nature avait doué de tous les dons qui commandent les respects du vulgaire. L'austérité de ses mœurs et de sa piété promettait à l'Église un de ses plus fermes appuis; mais, comme dit Maimbourg, l'ambition en décida autrement. Les variations de sa croyance avaient attiré sur sa jeunesse les anathèmes de Pierre d'Alexandrie. Mais le successeur de cet évéque avait cru à son repentir ; et, séduit par ses éminentes qualités, il l'avait chargé tout à la fois de la direction d'une de ses principales églises et de l'enseignement des saintes lettres. Les désirs d'Arius s'élevèrent plus haut. A la mort de son protecteur Achillas, il se présenta pour lui succéder *, et le choix qu'on -fit du prêtre Alexandre lui causa un dépit qui ne tarda point à se manifester par des violences. Un jour que ce nouvel évêque d'Alexandrie prêchait la doctrine des apôtres sur la nature du Verbe et de Dieu le Père,