Athan., p
comédie, qu'Arius appelait son très-cher seigneur, n'était pas tombé avec son César, et Constantin ne parut voir d abord que par les yeux de cet évêque. Averti cependant des désordres que cause la nouvelle hérésie, il écrit à Arius et à Tévéque d'Alexandrie pour les engager à la paix. Cette querelle lui semble frivole et presque ridicule, il leur conseille de ne plus en soulever de cette espèce : et Fleury a raison d'observer qu'il s'agissait pourtant de la divinité de Jésus-Christ \ Le vieil évéque de Cordoue, son conseiller spirituel, se rendit par son ordre à Alexandrie pour appuyer les termes de sa lettre. Il y assembla un synode, il convoqua, il écouta les deux partis, et ne fit que les aigrir davantage en condamnant l'hérésiarque. Arius, toujours soutenu par Ëusébe, trouve plus d'indulgence dans Constantin luimême, qui descend jusqu'à discuter les dogmes avec lui, mais qui, ébranlé par l'éloquence de l'hérétique, n'osant rien décider par ses propres lumières, convoque enfm le célèbre concile de Nicée, où sont appelés tous les évoques de la chrétienté. C'était le premier des conciles œcuméniques ; et nul autre que l'empereur n'était alors en position de l'assembler, car l'évêque de Rome, étranger jusqu'ici à cette grande querelle, n'aurait pas eu le pouvoir d'y faire venir les Orientaux. Constantin cessa dès ce moment de rien préjuger et suspendit tous ses rapports avec les parties. Des adhérents d'Arius lui ayant présenté des mémoires contre ses adversaires, il les brûla devant tout le monde en priant les évéques de laisser
de côté tout ce qui leur était personnel et de ne plus disputer que dans le concile.
Trois cent dix-huit évêques ^'y rendirent accompagnés d'un grand nombre de prêtres et de diacres. C'était une belle occasion pour le pape de Rome d'y faire reconnaître sa prééminence en obtenant de Constantin l'honneur de le présider. Sylvestre refusa au contraire de s'y rendre, il allégua son grand âge et chargea deux prêtres Romains d'y assister en son nom, avec ordre * d'acquiescer aux décisions qui seraient prises.
Ce grand concile fut ouvert le 25 juin 32S, et il faut voir dans le jésuite Maimbourg ce qu'était encore la puissance sacerdotale devant cette grande majesté de l'empire représentée par Constantin 2, avec quel soin cet historien recueille tout ce qu'ont écrit Eusèbe de Césarée, Théodoret, Sozomène et Nicéphore pour composer cette éminente figure, dont l'attente seule tient cette réunion d'évêques dans un respectueux silence, et dont la présence excite de si grands témoignages de respect, a On reconnaissait, dit-il, en le voyant qu'il était le maître de tous, et qu'il représentait parfaitement la majesté de Dieu même. » Certes, il n'était pas un seul des trois cent dix-huit évêques qui eût imaginé alors que, trois ou quatre siècles après, un des leurs eût abaissé, humilié, foulé aux pieds cette majesté de l'empire, au nom de ce même Dieu dont elle était la représentation vivante. Ârius parut à ce concile sous la protection de vingt-