‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 45 sur 150 · Ch. XXII i« p · texte numérisé non relu

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ses ordres. Il y eut des persécutions et des violences. Il s'en suivit des soulèvements et des fureurs populaires. Les chrétiens de Pessinonte brisèrent Tautel de Cybèle; ceux de Césarée démolirent le temple de la Fortune. Ces outrages à la majesté des dieux de la vieille Rome mirent le comble à l'irritation de Julien, Tédit de tolérance fut déchiré; et les premiers commandements de sa vengeance s'attaquèrent à saint Athanase comme au plus ardent, au plus digne défenseur de la foi chrétienne. Il lui avait permis, disait-il, de rentrer dans sa famille et non dans son Église. C'était un mensonge que sa toutepuissance pouvait s'épargner. Il ordonna qu'on le chassât encore une fois d'Alexandrie; et le saint évêque, assailli dans' sa chaire, fut encore obligé d'aller confier sa tête aux solitudes de la Thébaïde. Des églises furent incendiées, des prêtres conduits au supplice. Julien le souffrit et il en fut accusé. Mais dans sa pensée le bourreau ne devait point prendre part à cette persécution ; il le prouva lui-ihême en faisant grâce de la vie à dix soldats chrétiens qui avaient conspiré contre la sienne. Il en donna de nouvelles preuves pendant son séjour à Antioohe. Insulté par le peuple, assailli par les prédications et les libelles, il oublia son titre de César et ne répondit qu'en satirique. Il était railleur de sa nature, le Misopogonenhii foi; mais c'est aussi un témoignage de sa clémence : il est vrai de dire que les chrétiens n'eurent point à s'en louer. Leurs ressentiments sont justes, et l'on n'en peu! blâmer que l'exagération, car si Julien e^t vécu l'âge de Constantin, l'œuvre de cet empereur pouvait être détruite; et la résistance des chrétiens l'eût forcé malgré

lui d'en faire des martyrs. Mais cet orage fut passager. La flèche d'un cavalier persan délivra l'Église de son puissant ennemi; et l'élection de Jovien la remplit d'espérance et de joie. Le nouvel empereur avait souffert lui-même pour la foi de Nicée. Il annonça son avènement à saint Âthanase, qui recevait ainsi un égal hommage des protecteurs et des persécuteurs de l'Église. Mais avec la liberté et la puissance y reparurent la discorde et la haine. Les Ariens, habitués à gouverner l'Orient, renouvelèrent leurs calomnies contre Tévêque d'Alexandrie et fatiguèrent de leurs délations le nouveau maître de l'Empire. Jovien méprisa cette coalition de Tigellins mitres. Mais ce protecteur des chrétiens dura moins encore que leur dernier ennemi : après huit mois de règne, le 17 février 364, il fut trouvé mort dans son lit, et l'Orient retomba sous le joug de l'arianisme.

Valentinien, le nouvel élu de l'armée, ne professait point cette hérésie. Ce fils d'un cordier de Belgrade était catholique, et Julien Ten avait puni en le bannissant. Rétabli par Jovien, il avait en prenant la couronne rassuré les orthodoxes par ses premiers édits ; mais en associant son frère Valens à l'Empire, il s'était réduit au trône d'Occident; et à peine installé dans Constantinople, Valens s'était abandonné aux conseils de l'évêque Eudoxe que le monde chrétien connaissait pour le plus inflexible partisan de la doctrine primitive d'Arius. Les Athanase et les Grégoire de Nazianze ne furent pas les seuls à s'alarmer d'un pareil choix. Les semi-ariens, les Acaciens et autres sectaires qui s'étaient

plus oa moins rapprochés de la foi de Nicée, ne virent pas sans effroi la fortune naissante d'un évêque qui s*était constamment opposé à ces altérations du pur arianisme. Ils se rassemblèrent à Lampsaque pour rédiger un formulaire qui pût les rallier tous à une doctrine commune. C'était le dix-septième. Us abandonnèrent la version de Rimini et de Séleucie, et tout en rejetant le mot consubstantiel, ils reconnurent que le Fils était semblable au Père en substance. C'était le dernier effort d'une vanité puérile. Mais leur croyance avait marché • en sens inverse de Yalens ; et quand ils vinrent lui présenter cette nouvelle profession de foi, ils ne trouvèrent qu'un maître sévère dont le farouche Eudoxe avait préparé les réponses. Sa vengeance même ne se fit pas attendre. Persécutés, bannis de leurs sièges, remplacés partout par les créatures du favori, réduits à chercher un appui contre la persécution, les Pères de Lampsaque, ces Ariens presque convertis, tournèrent les yeux vers l'Occident; et trois députés de leur synode se rendirent à Rome pour implorer l'assistance de Valentinieii, qui en avait fait sa résidence malgré la prétendue donation de Constantin. Mais cet empereur venait de partir pour la Gaule dont les barbares menaçaient les frontières ; et comme les députés des Pères de Lampsaque ne savaient où le prendre, comme ils s'étaient munis de lettres pour les principaux évêques d'Occident, ils rendirent au pape Libère celle qui lui était destinée avec une copie du formulaire qu'ils avaient souscrit *.

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