Basile» Ep. XX
^aînt AihaDase va recourir encore à son autorité ou plutôt lui reprocher son indulgence pour un Arien soumis à sa juridiction. Ce fait n'appartient point au pontificat de Libère : il n'avait pas survécu longtemps à la visite des députés de Lampsaque;^et l'Espagnol Damase lui avait succédé en octobre 366. Ce nouveau pape n'était pas d'un caractère à abandonner les empiétements de son siège. Mais s'il était fier à l'égard de ses égaux, il savait plier devant des maîtres; et le besoin qu'il avait de la protection impériale pour se maintenir dans une chaire que la faction du nouvel antipape Ursin lui avait disputée à main armée, lui faisait oublier qu'un semi- Arien, protégé par son empereur, siégeait encore dans la cathédrale de Milan. Cet évêque, nommé Auxence, avait résisté à toutes les attaques de saint Hilaire de Poitiers, dont le zèle, plus ardent que celui des évêques de Rome, voulait effacer en Occident les derniers vestiges de l'arianisme. Soit que Yalentînîen ne comprît pas plus ces questions que le grand Constantin ne les avait comprises, soit qu'il penchât secrètement pour l'opinion de cet évêque,comme Fleuryje fait entendre d'après Sozomène*, saint Hilaire avait failli y perdre la faveur de César, et ni Libère ni Damase n'avaient osé le soutenir dans cette lutte. La voix de saint Athanase tonna du fond de l'Egypte contre ces ménagements de Tévêque de Rome; il lui écrivit au nom de quatre-vingt-dix évêques de la province pour lui demander la déposition d' Auxence de Milan. Cette grande victime des persécutions, que troublaient