Flenry, liy. XVI, ch. xx; Sozomène, Ut. VI, ch. xxiii
sans cesse les violences des Césars d'Orient, ne craignit point d'irriter le puissant collègue de Valens en provoquant la condamnation de son protégé. À cette voix que saint Hilaire avait sans doute invoquée comme un auxi« liaire, l'évêque de Poitiers reprit courage, tous les évêques de la Gaule furent entraînés par son énergie, ceux de la Vénétie osèrent prêcher contre l'indigne Auxence , et Damase osa demander enfin la convocation d'un concile à l'empereur. Valentinien, dont toutes ces voix effrayaient la conscience, n'hésita plus à livrer l'évêque de Milan aux investigations de ses collègues ; et quatre-vingttreize évêques assemblés à Rome prononcèrent enfin la déposition de TArien qu'Athanase et Hilaire avaient condamné.
C'est ainsi que, du haut de sa chaire, l'évêque d'Alexandrie veillait sur la chrétienté tout entière. Il ne cessait d'écrire à ses collègues pour assurer le triomphe du Symbole de Nicée, pour lequel il avait souffert et combattu pendant cinquante ans. Inébranlable jusqu'à sa dernière heure, il ne fléchit ni sous la puissance des Ariens ni sous l'autorité des huit empereurs, qui ont passé devant lui sur le trône du monde* Il est le point de mire des hérétiques et des orthodoxes ; c'est pour lui que sont troublés tous les sièges .et toutes les provinces, il est la foi vivante, le véritable chef de la chrétienté. Saint Basile le nomme le Samuel de l'Église; Gibbon l'en appellera plus tard le dictateur % et La Bletterie a eu raison de dire que jamais peut-être elle n'avait eu de plus grand