‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 58 sur 150 · Socr., liv. V, ch, vu · texte numérisé non relu

Socr., liv. V, ch, vu

basilique de Sainte-Sophie. Les prêtres d'Arius, qui do- i

minaient depuis Constantin dans lâ capitale de TOrient, avaient été chassés par les soldats de Théodose. Cent j

cinquante évêques orthodoxes s'étaient immédiatement rassemblés par ses ordres pour porter le dernier coup à cette hérésie; et le premier canon de ce concile avait foudroyé tous les sectateurs d'Arius, quelque dénomination qu'ils eussent prise; sans excepter les disciples d'Eunome et deMacédone qui en avaient largement modifié la doctrine, mais qui n'admettaient pas la consubstantialité du Verbe.

Certes de tels actes étaient de nature à redoubler l'ambition et les espérances de Damase. Son nom cité daïis les édits de Théodose et rapproché de celui au Prince des Apôtres, semblait justifier ses prétentions, et leur promettre un appui dans ce même empereur qui le présentait au monde comme un modèle à suivre. Mais il en fut autrement. Son nom et celui du vénérable Pierre d' Alexandrie ne firent que rappeler aux Pères de Constantinople la lettre où Tévêque de Rome s'était étayé des canons de Sardique pour attenter à Tindépendance dés Orientaux. Les protestations de saint Basile, d'Eusèbe de Samosate, de Mélèce d'Antioche avaient retenti dans toutes les provinces de cet empire; et une opposition violente s'était manifestée dès le début de ce concile contre les empiétements de Damase. Théodose y avait contribué sans le vouloir en conférant la présidence à ce même Mélèce, que, malgré les instances de Basile, l'évêque de Rome avait constamment refusé de reconnaître. Damase avait encore ajouté à l'irritation du saint évêque

de Gësarée en faisant signer aux évêques d'Occident une transaction, en vertu de laquelle, à la mort de Mélèoe qu'ils avaient reconnu ou de Paulin qu'ils avaient rejeté malgré lui, le survivant serait accepté par tous. Le vieax Mélèce ayant cessé de vivre pendant le premier mois de sa présidence, ce schisme finissait par cela même pour les Occidentaux, qui, en vertu de la transaction, avaient immédiatement reconnu Paulin pour évéque d'Antioche ; et Damase espérait que cet accord serait ratifié par les évêques d'Orient. Cette espérance était d'autant mieux fondée, qu'elle fut d'abord soutenue par Grégoire de Nazianze à qui la présidence du concile venait d'être déférée par Tbéodose. Mais Basile et ses amis ne voulaient à aucun prix de l'évêque Paulin. Grégoire, animé d'un esprit de conciliation et de paix, supplia vainement ses collègues de considérer les intérêts de l'Église universelle au lieu des intérêts d'une ville. Il déclara même qu'il quitterait son siège de Constantinople plutôt que de consacrer un autre que Paulin pour l'évêché d'Antioche; mais les rancunes étaient trop vives, les ressentiments trop profonds pour ne pas éclater: les jeunes têtes du concile s'écrièrent qu'on aurait l'air de céder aux évêques d'Occident et surtout à leur métropolitain, que l'Orient n'était pas dans leur dépendance ; que la nouvelle Rome ne devait pas être soumise à l'ancienne; que l'Orient devait même l'emporter, puisque Jésus-Christ avait choisi cette contrée pour se révéler au monde .* Cette irritation était d'autant plus remarquable que l'évêque

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