‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 60 sur 150 · Maimb., t. Il, p · texte numérisé non relu

Maimb., t. Il, p

t licate et magnifique. » Les cent cinquante évéques auxquels s'adressait cette confession ironique, rougirent peut-être de l'avoir méritée; le Père Mainbourg assure même qu'on n'entendit que des sanglots, des gémissements, des cris pitoyables dans le peuple. Mais si cela était vrai, les évéques n'auraient pu résister à de tels regrets. Le vœu populaire aurait triomphé de leur rancune contre Rome. On les voit au contraire persister dans leurs sentiments de haine, et les manifester de nouveau dans la question des métropoles. Le concile n'osa point 'sans doute dépouiller de ce titre le siège dont la fondation était alors généralement attribuée à saint Pierre ; mais en lui confirmant cette dignité, on lui assimila les métropoles de Gonstantinople, d'Alexandrie, d'Antioche, d'Ëphèse, de Césarée de Cappadoce;et on attacha au siège de la capitale de l'Orient des privilèges qui élevèrent son évêque au niveau du pontife Romain. L'abbé Fleury suppose même * qu'en réglant la juridiction de ces métropolitains, le quatrième canon de ce concile voulut implicitement supprimer la faculté de recours ou d'appel établie par les Pères de Sardique en faveur du siège de saint Pierre.

Damase n'ignorait point ce qui se passait à Gonstantinople. L'évéque Aschole de Tbessalonique assistait à cette assemblée au nom de l'Ulyrie orientale; et quoique cette partie de la province appartint à l'Empire d'Orient, d'étroites relations unissaient Aschole et ûamase qui, psir un empiétement dont on n'explique ni l'origine ni

i. Fleury, liv. XVIII, ch. vu.

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le prétexte, dont ou ne cite même aucun exemple analogue, venait de le nommer son vicaire dans la partie occidentale de rillyrie. II savait donc que les prélats, que dans son orteil il avait nommés ses fil$ , n-avsiient montré d'autre respect pour leur père que de lui laisser une préséance honorifique sur la Rome nouvelle, en donnant à Gonstantinople le second rang dans la nomenclature des métropoles ; et cependant il ne survint aucune protestation de la part de Damase. C'est qu'il craignait de pousser à bout la jalousie fort excitée des Orientaux. C'est qu'il avait pesé Théodose, et senti que la puissance réunie des empereurs Gratien et Yalentinien le Jeune ne balancerait point celle du nouveau César d'Orient. On a supposé plus tard cette protestation. Un obscur historien, enfoui dans la bibliothèque du Vatican, a même écrit que les semi-Ariens, partisans d'Eunome et de Macédone, n'avaient été condamnés que sur la demande expresse de Damase, il avance encore cette énormité que Tévêque de Rome avait copvoqué ce coucils ; et Baronius part de ce mensonge historique pour s'étonner qu'on puisse douter encore du droit exclusif qu'avaient les Papes de faire ces convocations ^. Oui, le doute est permis, car à cette époque même les empereurs et les métropolitains en assemblaient deux ou trpis par an; et il est plus qu'étrange que ce défi soit venu à l'esprit dfi Baronius à propos du concile de Gonstantinople. Il n'est pas un acte de cette assemblée, un incident même le plus futile qui ne dpnne un démenti à cette pr^-

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