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son trône; et pendant les trois ans de son séjour à Milan ou à Rome, Théodose s'efforça d'extirper en Occident les restés de l'hérésie et du paganisme.
Trois faits importants pour l'histoire, du sacerdoce chrétien signalèrent l'ascendant qu'il pouvait déjà prendre sur les maîtres du monde, quand il agissait sur une piété sincère, sur un esprit superstitieux, par l'action énergique d'un caractère intraitable. Ce n'est point par l'évêque de Rome que seront donnés ces exemples de fermeté. Syrice, toujours effacé par Ambroise, compte à peine dans le mouvement du monde catholique dont il se dit ou se croit le chef. C'est encore par l'évêque de Milan que sera exercée la puissance sacerdotale, mais Rome en profitera plus tard. L'évêque de Gallinique, petite ville de la Perse, ayant excité des moines turbulents à brûler une synagogue et un temple de Valentiniens, le maître de la Milice d'Orient avait condamné l'évêque à les rebâtir à ses frais; et cette sentence avait été ratifiée par Théodose, qui, malgré son orthodoxie, tolérait encore les juifs et les restes de cette secte du prêtre Valentin qui régnait depuis deux siècles malgré l'extravagance, de ses doctrines. Ambroise ne conçoit pas cette contradiction dans la conduite d'un César catholique. Il écrit à Théodose pour le prier de révoquer un édit qui place un évêque entre la prévarication et le martyre. Cette lettre étant demeurée sans réponse, Ambroise apostropha l'empereur du haut de la chaire. Il refusa d'achever le sacrifice divin en sa présence, il lui arracha enfin par l'opiniâtreté de ses admonitions la révocation d'un édit qui était de toute justice, et l'évêque
d^ Callinique fut a))soiis (d'une violence que l'empereur avait eu raison de punir * . '
Quelque temps après, Théodose ayant porté son offrande à Tautel, restait debout dans le sanctuaire. Il s'en croyait le droit, car il agissait ainsi dans les églises de Constantinople et il suivait en cela l'exemple de Constantin. M^is Ambroise lui fit dire par un archidiacre qu'il en était autrement dans la sienne, que le sanctuaire n'était fait que pour les ministres du Seigneur; et l'empereur se retira dans la nef en reni^rciant même l'évêque de lui avoir appris son devoir de chrétien. Il oubliait dans le premier de ce^ actes que le premier devoir de l'autorité souveraine çst de faire respecter ses sujets dans leui* foptunç ^t dans leur vie, et dans le second il abandonnait les droits d'évêque des évéqu^s, que, depuis Constantin, ses prédécesseurs avaient constamment ei^ercés. Il ouvrait ainsi la porte aux abus qui ont fait subir plus tard tant d'humiliations aux princes de U terpe; et certes les écrivains ecclésiastiques put eu quelque raison d'en faire un grand bomipe. Ils devaient le réconjpeuser d*avoir soumis ainsi l'EJrapire au Sacerdoce. M^is l'affaire de Tbessalqnique se présente sous un autrQ aspect. Théodose avait fait égorger les habitants de cette ville d'Illyrie, pendant les jeux du cirque, pour la pupir d'une sédition dans laquelle avait péri un de ses capitaines. S'il eût, compie juge suprême, découvert et condampé Jes coupables comme daps l'affaire de Callinique, il n'y aurait eu qu§ justice. Mai^ en livrapt au
glaf ve d'm)û sqld^tesque alfr^n^ (put un peuple attiré pour ain^i dlpiB dans ufî piiéga infâIp^, en laissant ^u b^^rd 1^ soin de choisir les victimes, Thépdose se rendait cqupabli^ d'un^ ^tropee|; lâche vengeance; et le mini^tr^ d'iin Dieu qui confond tqus les;hQmn[)^s dans sa justice ^'^norait mêipe aux yeux du n^onde §n publiait le rang et la puissance du (criipinel pour ne voiir que son exécrable attentat. Le prélat qui avait reproché à Maxime le In^urt|:e de Gratien, ne pouvait pardonner cet acte de barbarie à un empereur dont il avait 4'stilleurs éprouvé la faiMesse. ^mbroise n'fiUa point, il est vrai^ l'attaquer sur sop trpne; niais toujours ni^itre 4ans son égli^, il lui en interdit Fentrép ; i) l'arrêta lui-même sous le portique, et ne lui permit de passer outre, qiu$ lorsque ce ip^itrie du nçLonde eut expié par une pénitence publique s# 9^guinaire vioIeuc§ ^
Qi|elques-uns d§ mes lecteurs se révolteront san$ dpiitp cpntre cette témérité du sacerdoce. Ils Ipi^^r^i^nt d^ji^s un tribun ce qu'ils ne souffriront pas dç }^ part d'un prêtre. M^is Qù était alors I^ puissance tribunitief^ni^, qp p^tponagi^ di; peuple cop^re l'pppression? Dan$ Tprdri^ politique la tyrannie u'av^it alors dp aontf*e^poi4^ qi|9 I^ révplfe et l'assassinat, L^ pr^tr^ cl^rétiea ét^il te s^ul bpmme qui pût§i^erper ce minisiti^jre; il él^it ri^sp^eté ^ gr^fids et des petite; \l ét^it repopuu par tQu§ le ipissioï^n^ire 4'»ïi Dieu ^ paiç ^tdepbarfté. ïl en abusa
plus tard, }^ n'^um que trop VQcç^mn de te Wânjer ;
je montrerai les progrès de son ambition, de son audace
1. Paulin, Vita Amb,, ch. iv; S. Aug., Cité de Dieu, o^. ;lxv|.
même. Mais ce temps n'était pas venu. Comme sujet, comme citoyen, le prêtre se tenait encore dans les limites, que Jésus-Christ avait imposées à son sacerdoce et jamais évêque n'avait été plus pénétré que saint Âmbroise du sentiment de ses devoirs. Le prétendu vicaire du Dieu qui ranimait, le pape Syrice lui abandonnait la houlette du pasteur. « Ambroise, dit Tabbé Fleury S était regardé comme le principal défenseur des droits de TÉglise. » 11 en était le chef véritable, au même titre que les grands docteurs que j'ai déjà mis en scène. Il en avait pris les fonctions dans son voyage de Sirmium, et même il en était personnellement convaincu, car dans sa lettre à Théodose sur l'affaire de Callinique, il osait dire qu'il ne pourrait se justifier lui-même auprès des évêques, s'il souffrait qu'un ordre parti de sa résidence allât frapper des chrétiens à l'autre extrémité de l'empire^. Il y a dans ces mots un grand témoignage du peu qu'était alors la papauté romaine et de l'autorité que s'attribuait l'évéque de la résidence impériale. Si ces mots étaient partis du saint-siége, quel avantage n'en auraient point tiré les défenseurs de la suprématie de l'Église de Rome! Ils l'auraient 'présentée dès ce moment comme la tutrice, là régulatrice des Églises d'Orient. Mais le pape Syrice n'y songeait point. Il avait sans doute statué sur quelques points de discipline. La preuve en est dans une lettre écrite l'année même de son élection et qui est la première des véritables décrétales. Mais ce n'était point alors un
i. Liv. XIX, ch, XIV, 2. EpUt. IV.
acte de suprématie exclusive. Cyprien, Athanase, Basile avaient, après saint Paul, tracé des règles semblables en réponse aux consultations que leur adressaient les évêques. Syrice avait bien aussi renouvelé dans un concile de 386 la condamnation des Novatiens, des Donalistes, et obtenu de l'empereur l'exil et la spoliation des Manichéens qui affluaient dans Rome ^ Mais il n'y avait rien là que n'eussent fait tous les métropolitains de la chrétienté; et cette intervention de l'empereur nous offre de plus une preuve de la fausseté de la donation de Constantin, puisque le pape n'a pas le pouvoir de bannir de la ville, dont on le dit souverain maître, les hérétiques dont la présence l'importune. Ce n'était enfin qu'à de longs intervalles que Syrice manifestait sa sollicitude pour les intérêts du monde catholique, tandis que la vigilance d'Ambroise ne se laissait jamais surprendre; et l'histoire de l'hérésiarque Jovinien va nous offrir un nouveau témoignage de la négligence de l'évéque de Rome.
Ce Jovinien était un moine coquet, portant du linge fin et des tuniques de soie, pratiquant les bains et les cabarets, faisant le philosophe au milieu des amphores, comme dit saint Jérôme dans sa mordante polémique ^. Si l'on veut se rappeler que soixante ans nous séparent à peine de saint Antoine, de la vie d'abnégation et d'humilité, d'austérités et de privations, de solitude et de pénitence que s'imposaient dans la Thébaïde les disciples de ce