‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 68 sur 150 · Théod., liv^VI, ch. xxiii · texte numérisé non relu

Théod., liv^VI, ch. xxiii

Valentinîen II sur le Sîcambre Arbogaste, et sur le fantôme d'empereur qu'avait élevé cet audacieux général ; et comme dans sa campagne contre Maxime, il avait fait consulter encore le solitaire Jean d*Égypte pour savoir si Dieu lui accorderait une seconde victoire. Il faut ajouter que la superstition n'étouffait pas en lui le courage. En lui promettant ce nouveau triomphe, le prophète lui avait prédit que sa mort suivrait de près celle de ses ennemis * ; et cette prédiction ne l'avait point arrêté. Il détruisit dans les plaines d'Aquilée l'armée d'Arbogaste et de son empereur Eugène. Cet usurpateur fut massacré par les mêmes soldats qui avaient salué son avènement. Le fier Sicambre, poussé dans les montagnes de laRhétie se perça de son épée ; et, fléchi par les conseils de saint Ambroise, le vainqueur n'exigea point d'autres victimes. Il s'en prit seulement aux monuments de l'antiquité païenne et n'opprima que la conscience de ses sujets. Maxime avait déjà relevé les autels de Jupiter à la prière des sénateurs païens et de Symmaque le fils dont il avait fait un préfet de Rome; et après avoir détruit cet assassin couronné. Théodose avait cru que la vieille religion n'oserait plus reparaître. Mais après le meurtre de Valentinien, Arbogaste avait suivi l'exemple de Maxime pour attirer sous ses drapeaux le peu de Romains qui adoraient encore les dieux de leurs pères ; et Théodose résolut d'en finir avec Tidolâtrie. Appliquant son édit de Thessalonique à l'Occident dont il devenait le maître, il ordonna aux sénateur^ de croire

J. Sozom., liv. VU, ch. xxxii. •

en Jésus-Christ ; et Ils s'empressèrent tous de quitter la toge pour la robe des néophites. C'était toujours le sénat de Domitien et de Tibère. L'empereur ordonna en même temps la démolition des vestiges matériels du paganisme; et les évéques, aidés des proconsuls, firent main basse sur les chefs-d'œuvre que l'art grec et romain avait semés dans le monde. Les temples, les statues tombèrent sous le marteau de ces barbares, et la terre du monde civilisé fut couverte des ruines qui témoignent encore de la grandeur des anciens et de l'absurde fanatisme d'un Espagnol superstitieux. .

Ce fut là le dernier de ses exploits. L'oracle de Lycopolis avait dit vrai. Une hydropisie l'enleva à son empire en 395; et sa mémoire fut livrée aux passions qu'il avait comprimées et à celles qu'il avait servies. L'historien Philostorge de Gappadoce, son contemporain, se fit l'organe des Ariens et attribua sa mort à la mollesse et à l'intempérance * . Vingt ans après, le païen Zosime vengea par d'autres injures les dieux dont f héodose avait consommé la ruine. Mais les prêtre» et les moines chrétiens vont désormais disposer de l'histoire et de l'opinion des hommes; et les exagérations de la reconnaissance le vengeront des déclamations de la haine. Ambroise prononça son oraison funèbre en présence de son fils Honorius, nouvel empereur d'Occident, et commença cette longue série des panégyriques qui retentissent encore dans nos chaires. A tout prendre, Théodose laissait de quoi louer ; mais nous ne croyons

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