SozomèDe, liy. VIII, ch. xxvi
poursuivait le cours de ses violences ou plutôt des ven-r geances d'Ëudoxie. Les moines, les vierges^ )es prêtres dévoués à saint Chrysostôme étaient livrés aux tortures, aux caprices sanguinaires d'une soldatesque effrénée. Honorius, pressé par Innocent, avait écrit deux fois & son frèdre de Gonstantinople, pour le priei^ de mettre un ternoe à ces actes de tyrannie et d'approurer la convocation d'un concile général. Arcadiua n'avait daigné ni répondre ni suspendre ses cruautés. Les Églises de Carie, de Syrie, de Mésopotamie, les prêtres mên)e de Constantinople envoyèrent à Rome de nouveaux émis*saires et renouvelèrent leurs plaintes et leurs instances. Innocent ne pouvait rien contre cette opiniâtreté de Tesclave d'Eudoxie. Il implora encore une fois Tintei*vention de son propre «npereur. Les évêques de la Gaule et de ritalie appuyèront les démarches de leur métr^^po* litain, ils réclamèrent tous la convocation d'un nouveau concile, et pour prévenir des difficultés nouvelles, ih désignèrent la ville dé Tbessatonique comme p)u3 rapprch chée des Églises d'Orient K
Honorius, cédant à leurs prières, écrivit uufi trai«ièina fois à son frère, et se plaignit de sqd étrange âileoee s i) lui transmit les lettres des évé^ues d'Italie^ et qwtfa prélats choisis par Innocent, aceompagqéa de ^^^ prêtres et d'un diacre, furent chargés de ce iiieasage impérial et des doléances de l'Église occidentale» ilonO'rius les recommande à son frère, il le supplie de les recevoir avec honneur et demande surtout que Tbé€!pbi)0
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d'Alexandrie, principal auteur de ces désordres, soit forcé d'assister au concile de Tbessalonique. C'était l'Occident tout entier qui protestait non par la voix du pape, mais par celle de son empereur, contre l'exil de Ghrysostôme et la persécution de ses adhérents. Quatre des évéques orientaux arrivés à Rome se joignirent à cette solennelle ambassade qui prit le chemin de Censtantinople vers la fm de 405. Mais l'Orient tout entier était sur ses gardes. Arsace, l'intrus de Gonstantinople, n'avait siégé que seize jours dans la chaire de Chrysostome; mais la faction impériale lui avait subtitué, le 8 mars précédent, le prêtre Atticus de âébaste, l'un des plus ardents complices d'Eudoxie et de Théophile. L'empereur Arcadius, informé de ce qui se passait à la cour de son frère, avait fait surveiller tous les chemins que pouvait prendre l'ambassade pour se rendre à Tbessalonique, où elle devait se concerter avec l'évêque Anysius avant d'arriver jusqu'à l'empereur d'Orient. Un tribun militaire, aposté sur les côtes du Péloponèse, arrêta les envoyés d'Honorius, et les fit conduire en captifs jusqu'au Bosphore. Un nouvel ordre les y attendait. Ramenés dans la Thrace, enfermés dans la forteresse d'Athyra, séparés des quatre prélats orientaux qui les avaient suivis, ils furent en butte aux plus mauvais traitements des oflSciers de l'empereur» Sommés vainement de rendre leurs lettres, ils se les virent arracher par le tribun Valérien venu tout exprès de Gonstantinople. Les émissaires d'Atticus feignirent de les plaindre et les tentèrent vainement par de riches présents, pour les engager à communiquer avec cet usurpateur de la chaire de Sainte-
Sophie, et leur noble refus redoubla la fureur de leurs gardiens. On dit même, sur la foi de Pallade *, qu'on les embarqua sur un vieux navire dans le dessein de les faire périr. Mais ce vaisseau aborda la terre de Lampsaque et un autre bâtiment les porta dans la Calabre, sans que personne les eût instruits de la retraite et du sort de saint Jean Chrysostô'me. Les quatre évêques orientaux furent dispersés dans les prisons d'Arcadius, dépouillés, insultés par les prétoriens qui étaient chargés de les y conduire. Leurs collègues de Tarse, d'Antioche, d'Ancyre et de Péluse, dignes partisans d'Atticus et de Théophile, excitaient la brutalité de leurs gardes et payaient à prix d'or les tortures de ces captifs. Ceux qui osaient les plaindre étaient jetés à leur tour dans les prisons de Fempire ; de saints vieillards étaient traînés, poussés par le fouet des bourreaux sur les grandes routes, à pied ou montés sur des ânes. Les moins nialheureux étaient ceux qui gagnaient les déserts et se réfugiaient dans les cavernes.
Chrysostôme leur donnait l'exemple de la patience et du courage. Du fond de l'Arménie, pendant un hiver rigoureux qui devait être pom* lui le dernier, il écrivait à ceux qui souffraient pour lui, comme à ceux qui essayaient encore de le défendre. Le prêtre Jean, le diacre Paul allèrent de sa part en Italie porter dés témoignages de reconnaissance à Vénérius de Milan, à Chromatius d'Aquilée, à Gaudence de Bresse, à' l'évêque de Rome qu'il ne distingue point de ses collègues, aux dames romaines