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lettre dans laquelle il rappelait queTOccident tout entier était soumis à la discipline romaine; et il en donnait pour principale preuve une affirmation à laquelle ses prédécesseurs n'avaient pas encore songé. C'est que saipt Pierre et ses successeurs avaient institué tous les sièges dltalie, d'Espagne, de la Gaule, de la Sicile et de l'Afrique.. Bien des témoignages contraires déposaient contre cette prétention nouvelle. Saint Paul de Narbonne, saint Aphrodise deBéziers étaient venus directement d'Afrique dans la première année de l'Église. Saint Pothin de Lyon et beaucoup d'autres n'avaient point reçu de Rome leur institution canonique. Les protestations de saint Cyprien et des évêques espagnols avaient eu un assez grand retentissement dans le monde catholique. Mai^; Innocent l'oubliait ou feignait de l'ignorer; et son ambition croissait avec ses années, car longtemps après le concile de Trêves, il écrivait à ceux de Milève et de Carthage ^ qu'il était de droit divin de le consulter sur les causes ecclésiastiques du monde entier, avant de les traiter dans les synodes provinciaux.
Ses motifs ne furent pas plus admis que ses privilèges. Les évêques réunis à Trêves ne lui soumirent pas même leurs décisions. Les évêques d'Afrique avaient tenu depuis son avènement un a^sez grand nombre de conciles sans le consulter. Ils avaient même fondé un concile annuel pour l'administration de la province ; et l'âme de ces assemblées était ce même Augustin que les avocats du saint-siège considèrent comme un des plus grands