‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 86 sur 150 · De Geit. PeL, ch. m · texte numérisé non relu

De Geit. PeL, ch. m

sentence y avait été rendue. Les deux conciles en écrivirent alors à lévêque de Rome * pour le prévenir contre les artifices des deux condamnés et contre l'absolution qu'ils avaient extorquée du concile de Diospolis. Il est probable même qu'on ne l'eût point fait sans ce conflit d'autorité synodale, puisqu'on s'était abstenu de communiquer à Rome la décision du concile carthaginois de 412 ; et les expressions mêmes des deux lettres prouvent que ce n'était pas un acte de soumission envers le siège de Rome, mais un simple avis donné à un coévêque pour qu'il ne fût point trompé par les juges de Diospolis. Ces lettres ont été dénaturées par les écrivains du saint-siége. Rétablissons-les dans leur véritable sens. Les Pères de Carthage rappellent d'abord qu'ils se sont rassemblés suivant leur coutume, ex more^ ce qui exclut la nécessité de l'autorisation que soutient Baronius. Ils s'adressent à Innocent pour que l'autorité du siège apostolique se joigne aussi à leur résolution, adhibeatur etiam, et que l'hérésie soit aussi anathématisée par cette autorité. Cet eiiam est répété par deux fois à dessein. Ce n'est pas une approbation qu'ils sollicitent, ils n'en ont pas besoin, et ils le prouveront sous le pontificat de Zosime, le successeur même d'Innocent. Ils disent positivement que rOrient a condamné, et ils ne doutent pas, non dubitamns^ que Rome ne condamne comme eux. Saint Augustin ne s'en fie pas tout à fait aux décrets de Carthage et de Milève. Promoteur de leurs décisions, il les appuie encore de son autorité personnelle. Il écrit à Innocent,

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