‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernesChapitre 107 sur 166 · I. Mook, Life of Bentley, p · texte numérisé non relu

I. Mook, Life of Bentley, p

des anciens était la cause à la mode, Bentley, le prétendu moderne, fut assailli de toutes parts comme un ennemi public. «Philosophes, mathématiciens, poètes, critiques, théologiens, médecins, barbes grises et jouvenceaux, gens d’Oxford et de Cambridge, formèrent, dit Monk, une ligue universelle contre l’adversaire de Temple et de Boyle » C’est une différence notable, qui sépare, au xvue siècle, la France de l’Angleterre. En France, comme je l’ai dit plus haut, la popularité est du côté des modernes. En Angleterre, elle est du côté des anciens ou de ceux qu’on prend pour tels; c’est par zèle pour l’antiquité qu’on applaudit la société d’Oxford, qui compromet l’antiquité en intronisant parmi ses chefs-d’œuvre un mensonge littéraire, et qu’on siffle Bentley, qui défend la cause des anciens en refusant de leur imputer une rapsodie. Tels sont les malentendus de l’opinion. Les Esprits triomphèrent donc, et aussitôt tous les écrivains timides, qui attendaient, pour se prononcer, que la victoire fût décidée, se lancèrent sur Bentley. Gartli, le médecin-poéte, l’auteur du poème héroï-comique du Dispensaire, que l’abbé Du Resnel a osé comparer au Lutrin de Boileau, y inséra deux vers qui, répétés par toutes les bouches, devinrent bientôt proverbe : « La monture rehausse l’éclat du diamant ; Bentley fait briller Boyle*. » Je ne sais quel dessinateur de Cambridge représenta le malheureux critique enfermé dans le taureau d’airain de Phalaris, avec ce jeu de mots intraduisible, en forme d’inscription :

I had rather be roasted than Boyled *.

Cependant Bentley supportait bravement l’orage. Enfermé dans sa bibliothèque, où se réunissaient, une ou deux fois

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