‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernesChapitre 142 sur 166 · Conjecl. aciid. , p. 82 et suiv. , jusqu'à la page · texte numérisé non relu

Conjecl. aciid. , p. 82 et suiv. , jusqu'à la page

dent bien de confronter le peintre avec le tableau'. L’abbé d’Aubignac ne mérite pas tout à fait ce reproche; il a essayé, par une analyse de l’ Iliade, d'ajouter à ses arguments une nouvelle preuve qu’Homère n’existe pas. Mais celte seconde partie de son livre, où il veut démontrer qu’il n’y a dans V Iliade ni plan ni sujet, ne soutient pas l’examen’. Évidemment il n’a pas assez de science pour bien défendre son paradoxe : il est plus original qu’érudit. Mais on ne reconnaît pas moins dans son hypothèse le germe de celle de Wolf; scs Conjectures sont l’ébauche des Prolégomènes allemands, et cette fois encore c’est une idée française, dédaignée par la France , que l’Allemagne nous a renvoyée avec sa signature, et que nous avons admirée courtoisement, dès qu’elle est venue d’outre-Rhin, comme une étrangère qui nous demandait l'hospitalité.

Les livres posthumes font quelquefois du brait quand ils paraissent à propos. Dans un moment de calme et de silence peut-être les Conjectures académiques auraient-elles été remarquées. Les revenants ne doivent se montrer que la nuit. Mais l’abbé d’Aubignac, sortant après trente ans du tombeau*, et reparaissant au grand jour dans le tumulte et dans Ta poussière du combat, passa plus inaperçu que le plus obscur des vivants. Au moment où son ombre sollicitait vainement l’attention publique, tous les regards étaient tournés vers un nouveau champion qui venait de s’élancer dans la mêlée, précédé d’une grande réputation de savoir et d’esprit, l’abbé Terrasson. Ses travaux en géométrie l’avaient conduit de bonne heure à l’Académie des sciences, mais ne l’avaient pas enrichi. Obligé pour vivre de faire l’éducation du fils de

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