Mémoires de Charles Perrault, liv. IV, p
2. Lettres de Boileau, t. III, p. 128. Éd. Berryal Saiut-Prii.
paraissant jouer ic rôle de Philinte, il s’emporta contre l’Académie :
Eh quoi! vil complaisant, vous louez des sottises!
Boileau, dit Perrault, qui raconte cette petite comédie à la fin de ses Mémoires, grondait tout bas, pendant que Huet, alors évêque de Soissons, qui siégeait à côté de lui, s’efforçait de le calmer, en lui représentant « que s’il était question de prendre le parti des anciens, cela lui conviendrait mieux qu’à lui; mais qu'ils n’étaient là que pour écouter. » Écouter! c’est à quoi se refusait Boileau, qui, d’impatience, se leva avant la fin du discours, en s’écriant qu’une telle lecture était une honte pour l’Académie*. Cependant La Fontaine, assis de l’autre côté de Huet, paraissait rêver. Quelques jours après, en portant à l’évêque de Soissons une traduction de Quintilien, par Orazio Toscanella ’, il lui offrit l’admirable épître en l’honneur des anciens où on lit ces beaux vers :
Quelques imitateurs, sot bétail, je l’avoue,
Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue.
J’en use d'autre sorte, et, mo laissant guider,
Souvent à marcher seul j’ose me hasarder.
On mo verra toujours pratiquer cet usage :
Mon imitation n’est pas un esclavage.
Je ne prends que l’idée, et les tours, et les lois Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois.
Si d'ailleurs quelqu’cndroit en eux plein d'excellence Peut entrer dans mes vers, sans nulle violence Je l’y transporto, et veux qu’d n’ait rien d'affecté,
Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité.
Je vois avec douleur ces routes méprisées.
Art et guides, tout est dans les Champs-Élysées;
J'ai beau les évoquer, j'ai beau vanter leurs traits.
On me laisse tout seul admirer leurs attraits.