Huet, Comment. , lib. V
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Térence est dans mes mains; je m'instruis dans Horace;
Homère et son rival sont mes dieux du Parnasse.
Je le dis aux rochers; on veut d'autres discours :
Ne pas louer son siècle est parler à des sourds;
Je le loue, et je sais qu'il n'est pas sans mérite;
Mais près de ces grands noms notre gloire est petite'.
Telle fui la vengeance de La Fontaine ; le bonhomme se peint dans ce calme rêveur et dans cette élégie du bon goût, comme Boileau se peint dans sa colère, dans sa brusque sortie, et dans ses épigrammes. Racine, lui aussi, le malin Racine, est tout entier dans sa vengeance. Il connaissait Perrault depuis longtemps. C’est à lui qu’en 1660 il avait fait montrer, par M. Vilart, ses premières odes de jeunesse, après avoir obtenu le suffrage de Chapelain, et Perrault lui avait indiqué quelques retranchements à faire, entre autres une comparaison de Vénus et de Mars, dont Perrault demandait la suppression, • à cause que Vénus est une prostituée *. » Racine s’était exécuté. Il avait supprimé Mars et Vénus. Au sortir de la séance académique , il s’approcha de Perrault en souriant, loua beaucoup son poème, et le complimenta du jeu d’esprit qu’il avait si agréablement soutenu. Perrault, piqué de l’éloge, répondit qu’il avait parlé fort sérieusement et qu'il le prouverait. « Je pris alors, écrit Perrault, la résolution de dire en prose ce que j’avais dit en vers. » Il méditait les Parallèles *.
De son côté, Boileau exhalait sa mauvaise humeur dans une suite d’épigrammes qui tombaient à la fois sur Perrault et sur l’Académie *. Ce qui l’irritait le plus, ce n’était pas ce
1. Œuvres de La Fontaine, t. VI, p, 149. Éd Walkensër. — 2. Lettres de Racine, écrites dans sa jeunesse. 1660. Lettre IV, à l'abbé Le Vasseur. — 3. Perrault. Mémoires, liv. IV. p. 202.