I. Boileau, t. III. p. 376. Ëd. Berryat Saint- Prix
Une occasion solennelle s’offrit, le 15 mai 1691, aux deux ► 7 partis de se dessiner dans l’Académie. Fontenelle y entrait, aux grands applaudissements de Perrault et de ses partisans, et malgré les efforts de Boileau et de Racine. Dans le rcmerctment très-court que le récipiendaire prononça, il prit le temps d’insérer une phrase peu courtoise qui dut blesser Racine et par suite Boileau : « J’ai prouvé, disait-il, par ma conduite, que je connaissais tout ce que vaut l’honneur d’avoir place dans l’Académie française, et vous m’avez compté celte connaissance pour un mérite; mais le mérite d’autrui vous a encore plus fortement sollicités en ma faveur.
Je tiens, par le bonheur de ma naissance, à un grand nom, qui, dans la plus noble espèce des productions de C esprit, efface tous les autres noms. »
Thomas Corneille, qui recevait son neveu, lui répondit par un discours touchant et sage, où il lui donnait, avec les marques d’une vraie tendresse, des conseils excellents, et qui ne pouvaient offenser personne. Mais Perrault lut ensuite un fragment de ses Parallèles, et un ami de Perrault, dont Boileau s’est moqué, l’abbé Lavau ', prononça un discours où il loua Fontenelle avec une insistance et une vivacité d’admiration, visiblement hostiles à ses adversaires : « On peut dire