I. Voy. la Vie de Saint-Évremond, par Deamaiseaux, p
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poeme épique du P. Le Bossu *. Une prise de tabac, offerte par Dryden, était un honneur capable de tournerlatête d’un jeune homme, nous a raconté M. Macaulay. Saint-Évremond s'asseyait à côté du grand poète, et la conversation commentait sur la poésie, sur les trois unités dramatiques, ou sur la question à la mode, celle des anciens et des modernes. 11 y avait dans le café de Will un parti pour Perrault et les modernes, et un parti pour Boileau et les anciens *. Le chevalier Temple se moquait avec grâce de Perrault; Wotton répliquait au chevalier Temple et appelait à son aide son redoutable ami le docteur Bentley, qui, se précipitant dans la discussion comme un hoplite, mettaiten déroute les arguments ennemis. Swift accourait au secours de Temple, et jetait dans la mêlée, comme un escadron de cavalerie légère , ses épigrammes spirituelles, qui tombaient sur tout le monde , et surtout sur son cousin Dryden. Saint-Évremond souriait à la vue du combat, et quand le feu de la controverse s’était un peu calmé, il prenait doucement la parole, il ramenait à une juste mesure les opinions excessives , et donnait, par sa modération, à la cause des modernes un air de justesse qui lui avait manqué souvent chez Desmarets et chez Perrault. Saint-Évremond savait mieux que personne dégager la partie de vérité contenue dans un paradoxe, et la fortifier par de nouveaux arguments, inventés avec art et présentés avec grâce. « Nous oublions trop souvent, messieurs, dit-il un jour d’une voix faible, mais entendue d’un bout à l’autre du café de Will, à force d’être écoutée, nous oublions, quand nous jugeons les anciens, que nous les jugeons sur des traductions. Pour moi, qui ai fait mes humanités au collège de Clermont, et ma rhétorique sous le P. Canaye, dont le respect pour l’autorité