‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernesChapitre 95 sur 166 · W. Scott , Vie de Dryden · texte numérisé non relu

W. Scott , Vie de Dryden

2. Nowhere ira* lhe smoking more constant than al Will’s. Thaï celebrated house . situaled hetween CoventGarden and Bow-street , iras sacred to poli te letters.... There was a faction for Perrault and the modems , a faction fur Boileau and the ancientj. (Macaulay. vol. I, p. 363. State of England, m 1686.)

était plus grand que la science, je ne sais qu’un peu de latin, et pas de grec, et je fais grand cas des traductions; mais, après tout, ce ne sont que des traductions. En voulant juger les anciens, nous ne jugeons souvent que les modernes, dont nous imputons ainsi les fautes à l'antiquité. Vous voyez, par là, que personne n’a plus d’admiration que moi pour elle. Est-ce à dire que nous devions l’imiter en toutes choses? Le changement de la religion , du gouvernement, des mœurs et des manières en a fait un si grand dans le monde, qu’il nous faut comme un nouvel art pour entrer dans le goût et dans le génie du siècle où nous sommes. Si l’on donne des caractères tout opposés lorsque l’on parle du Dieu des batailles et du Dieu des chrétiens, quoique ce soit la même Divinité; si l’on parle tout autrement du Dieu des batailles, de ce Dieu terrible qui commandait d’exterminer jusqu’au dernier des ennemis, que de ce Dieu patient, doux, charitable, qui ordonne qu’on les aime; si la création du monde est décrite avec un génie, la rédemption des hommes avec un autre; si l’on a besoin d’un genre d’éloquence pour prêcher la grandeur du Père qui a tout fait, et d’un autre pour exprimer l’amour du Fils qui a voulu tout souffrir, comment ne faudrait-il pas un nouvel art et un nouvel esprit pour passer des faux dieux au véritable, pour passer de Jupiter, de Cybèle, de Mercure, de Mars, d’Apollon à Jésus-Christ, à la ^ — Vierge, à nos anges et à nos saints 1 ? »

Ici développant quelques idées de Saint-Sorlin, mais avec bien plus de mesure et de sagacité, Saint-Évremond ajoutait : « Otez ses dieux à l’antiquité , vous lui ôtez tous ses poèmes ; la constitution de la poésie est en désordre, l’économie en est renversée. Sans la prière de Thétis à Jupiter, et le songe que Jupiter envoie à Agaraemnon, il n’y a point d 'Iliade; sans Minerve, point d 'Odyssée; sans la protection de Jupiter et l’assistance de Vénus, point d’ Enéide. Les dieux

1. Œuvres de Saint-Evremond . t. IV, p. 289, sur les poèmes anciens.

assemblés au ciel délibéraient de ce qui devait se faire sur la terre : c’étaient eux qui prenaient les résolutions, et qui n’étaient pas moins nécessaires pour les exécuter que pour les prendre. Ces chefs immortels du parti des hommes bravaient tout, animaient tout, inspiraient la force et le courage, combattaient eux-mêmes, et à la réserve d’Ajax , qui ne demandait que la lumière, il n’y avait pas un combattant considérable qui n’eût son dieu sur son chariot aussi bien que son écuyer, le dieu pour conduire son javelot, l’écuyer pour la conduite de ses chevaux. Les hommes étaient de pures machines, que de secrets ressorts faisaient mouvoir. La divinité que nous servons est plus favorable à la liberté des hommes. Nous sommes entre ses mains, comme le reste de l’univers , par la dépendance ; nous sommes entre les nôtres pour délibérer et pour agir. Que les fausses divinités soient mêlées à toute sorte de fictions, ce sont fables elles-mêmes, vains effets de l’imagination des poètes. Pour l'es chrétiens, ils ne donneront que des vérités à celui qui est la vérité pure, et ils accommoderont tous leurs discours à sa sagesse et à sa bonté ’. » Drydcn lui-même, le traducteur de Virgile, de Perse et de Juvénal , applaudissait à cette vue si mesurée et cependant si étendue, dont la conclusion n’était autre que celle de Desmarets : la nécessité d’un art nouveau pour une société nouvelle.

« Ce grand changement , continuait Saint-Évremond , encouragé par l’approbation des auditeurs, est suivi de celui des mœurs, qui, pour être aujourd’hui civilisées et adoucies, ne peuvent souffrir ce qu’elles avaient de farouche et de sauvage en ce temps-là. Cependant les vices des héros d’Homère ne retomberont pas sur le poète. Homère a plus songé à peindre la nature telle qu’il la voyait, qu’à faire des héros accomplis. Il les a dépeints avec plus de passions que de vertus : la passion étant du fond de la nature, et les vertus

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