‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 1 sur 180 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

« On a. longtemps, (lit Grimm dans ses Memoires, dispute en France sur la preeminence des anciens et des modernes , et il n’en est pas reste un bon livre. La dispute sur la preference des auteurs est ordinairement une marque de la frivolite des esprits ; elle ressemble ci ces tracasseries d’etiquette qui s’eievent dans les fetes publiques ou chacun se dispute le pas1. »

A l’appui de ce jugement , Grimm cite une anecdote racontde par le pape Benoit XIY au cardinal de Rochechouart , ambassadeur de France , que le saint-pere voyaitun jour entrer chez lui l’oeil triste et le visage fort allonge : « Eh bien ! qu’y a-t-il, monsieur 1’ambassadeur ? — Je viens de recevoir la nouvelle, repond celui-ci en soupirant, que Mgr l’archeveque de Paris est de nouveau exile. — Et toujours pour cette bulle ? demande le pape. — Heias ! oui, saint-pere. — Cela me rappelle , reprend le pontife , une aventure du temps de ma legation a Bologne. Deux senateurs prirent querelle sur la preeminence du Tasse sur l’Ariosle. Celui qui tenait pour l’Arioste recut un bon coup d’dpde dont il mourut. J’allai le voir dans ses derniers moments : « Est-il possible, me dit- « il, qu’il faille pdrir dans la force de l’&ge pour 1’Arioste que « je n’ai jamais lu ? fat quand je Faurjus lu , je n’y aurais rien « compris, car je ne suis qu’un sot. »

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