English humourists .Swift . p
d’un ecrivain qui parait croire serieusement qu’Arion a 6t6 sauvd par un dauphin, qu’Orph6e apprivoisait les tigres et qu’Amphion batissait des murailles aux accents de sa lyre. M. Macaulay ne lui a pas dpargne les railleries, pour avoir affirmd que les sages de la Grece pr6disaient les eclipses et les tremblements de terre, que les anciens brahmines vivaient deux cents ans, et que l’aventure d’Orphee s’est passee quelque temps apres la fondation des jeux olympiques, un peu avant la bataille d’Arbeles. On peut s’dtonner a meilleur droit encore que Temple meconnaisse la grandeur des decouvertes modernes et qu’il ose 6crire : « Qu’y a-t-il de nouveau en astronomie depuis l’antiquite? Rien, sinon le systeme de Copernic. Qu’y a-t-il de nouveau en m6decine? Rien, sinon la circulation du sang1. » Mais ce n’est ni en philosopbeni en savant qu’il fautlire le livre de Temple, c’est en historien de la litterature, c’est en homme du monde, et alors, inalgre les ignorances dont il est rempli, on y decouvre avecplaisir des indices interessants du gout de Temple et de son temps, des idees de detail ing6nieuses, des reflexions morales ou se revelent la connaissance des hommes et 1’ experience de la vie, un tour d’esprit didicat, agreable, et jusqu’a un certain point frangais, un style 616gant, orne, harmonieux. Temple est un prosateur de premier ordre. Johnson lui attribue l’honneur que Voltaire accorde a Balzac d’avoir introduit le premier dans la langue de son pays le nombre et la cadence 2. Blair vante sa douceur et son amimite3, et M. Macaulay, qui ne le gate pas, admire « ce style simple et coulant, clair et melodieux, qui s’eleve quelquefois jusqu’a la magnificence de Ciceron 4. » Parmi les causes qui ont contribu6 a la decadence de l’esprit chez
1. « There is nothing new in astronomy to vie with the ancients , unless it be the copernical system ; nor in physic, unless Harvey’s circulation of the blood. » [Of ancient and modern learning, Temple’s Works, vol. Ill , p. 454.)
2. Bothwell, Life of Johnson, vol. III. — 3. Blair, Lectures, xix. —