Ibid. , part. I
non des maitres. II faut les honorer, mais non les adorer. Pope reproche aux partisans des modernes d’avoir insultd Pantiquitd; il lone ceux des anciens d’avoir defendu les regies fondamentales dubeau1 2, et, dans son Temple de la Renommde, il fait asseoir Homere sur un trone de diamants eternels. Mais il revend ique pour I’Angleterre une liberte de gout que la France n’a pas su conserver. « Le Frangais, ne pour obeir, se soumet aux regies, et Boileau, d’accord avec Horace, regne despotiquement en France. Mais nous, braves Anglais, qui n’avons ete ni conquis ni civilises, nous avons meprise des lois dtrangeres. Defenseurshardis etindomptables de la liberty de l’esprit, nous avons, coinme autrefois, osd defier les Romains! » G’est que les anciens n’ont pas seuls, quoi que pr&tendent leurs admirateurs, possede le genie, l’dloquence, la podsie. « Le g6nie etroit d’un critique partial voudrait mettre des bornes aux faveurs du ciel, et forcer le soleil a neluire que sur une partie du monde, le soleil, qui non-seulement fertilise les esprits dans les climats brulants du sud, mais qui les mftrit aussi dans les climats glac6s du nord, qui, depuis la creation, a brille sur les ages ecoules, qui 6claire l’age pr6sent, et qui echauffera l’age futur, quoiqu’il ait ses accroisseinents et ses declins, et qu’il envoie au monde des jours plus sereins ou plus obscurs*. »
Voila la rdponse de Pope a la th6orie de Mine Dacier sur les climats. Mais il ne va pas plus loin, il ne s’engage pas sous les drapeaux deFontenelle; sa conclusion c’est l’impartialite : a Ne vous altachez pas a ce qui est ancien ou moderne, blamez tout ce qui est faux, admirez tout ce qui est vrai3. » Tel est l’esprit de rectitude et d’impartialite que le traducteur de Vlliade porte dans la question des anciens et des modernes. Profonddmenl versd dans la langue fian^aise, dont il comprenait les finesses les moins accessildes aux strangers,
1 . Nor is Homer nods , but we that dream. ( Essay on criticism , part. III.)